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		<title>Sur le « fantasme » du Président Schreber &#8211; par Choula EMERICH</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 18:19:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ELS</dc:creator>
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		<category><![CDATA[fantasme]]></category>
		<category><![CDATA[Schreber]]></category>

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		<description><![CDATA[Freud ne pose pas le même diagnostic pour la première et la seconde maladie du Président Schreber et nous allons en examiner le pourquoi. La première maladie de Schreber s&#8217;étale sur une année environ, de l&#8217;automne 1884 à la fin de 1885. Il a alors été hospitalisé durant six mois, et sur cette maladie Freud pose le diagnostic de névrose hypocondriaque grave. Une fois guérie, elle fut suivie de huit années que Schreber qualifie lui-même de très heureuses, et  durant lesquelles il dit avoir été comblé d&#8217;honneurs. Une seule tache assombrissait ce tableau : la déception de son espoir d&#8217;avoir des enfants. Au mois de Juin 1893 on annonça à Schreber sa future nomination à la présidence de la cour d&#8217;appel de Dresde. Il y prit effectivement ses fonctions le premier Octobre 93. C&#8217;est durant ces trois mois d&#8217;intervalle, que se manifesta pour lui, pour la première fois, entre veille et sommeil, ce « fantasme » que Freud qualifie de désir féminin : « qu&#8217;il serait beau d&#8217;être une femme subissant l&#8217;accouplement ». Que Schreber en appelle à la beauté pour qualifier son « fantasme », est de nature à nous inquiéter, s&#8217;il nous revient en mémoire la phrase de Lacan dans son séminaire « L&#8217;éthique de la &#8230; <a class="more-link" href="http://www.ali-provence.com/2012/02/sur-le-%c2%ab-fantasme-%c2%bb-du-president-schreber-par-choula-emerich/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Freud ne pose pas le même diagnostic pour la première et la seconde maladie du Président Schreber et nous allons en examiner le pourquoi.</p>
<p>La première maladie de Schreber s&#8217;étale sur une année environ, de l&#8217;automne 1884 à la fin de 1885. Il a alors été hospitalisé durant six mois, et sur cette maladie Freud pose le diagnostic de névrose hypocondriaque grave.</p>
<p>Une fois guérie, elle fut suivie de huit années que Schreber qualifie lui-même de très heureuses, et  durant lesquelles il dit avoir été comblé d&#8217;honneurs.</p>
<p>Une seule tache assombrissait ce tableau : la déception de son espoir d&#8217;avoir des enfants.</p>
<p>Au mois de Juin 1893 on annonça à Schreber sa future nomination à la présidence de la cour d&#8217;appel de Dresde. Il y prit effectivement ses fonctions le premier Octobre 93.</p>
<p>C&#8217;est durant ces trois mois d&#8217;intervalle, que se manifesta pour lui, pour la première fois, entre veille et sommeil, ce « fantasme » que Freud qualifie de désir féminin : « qu&#8217;il serait beau d&#8217;être une femme subissant l&#8217;accouplement ».</p>
<p>Que Schreber en appelle à la beauté pour qualifier son « fantasme », est de nature à nous inquiéter, s&#8217;il nous revient en mémoire la phrase de Lacan dans son séminaire «<em> L&#8217;éthique de la Psychanalyse</em> » : « la beauté est le dernier rempart que le sujet élève contre la mort ».</p>
<p>Freud ne s&#8217;y trompe pas, ce « fantasme » signe l&#8217;entrée dans la psychose du Président Schreber, toutefois, il souligne également l&#8217;incidence conjointe de deux autres facteurs :</p>
<p>&#8211;  sa nomination au poste de Président de la cour de justice de Dresde.</p>
<p>&#8211; son impossibilité d&#8217;accéder à la paternité.</p>
<p>Si Katan voit dans le « fantasme » de Schreber » la manifestation des tendances homosexuelles contre lesquelles le Moi de Schreber lutte et échoue.</p>
<p>Freud est loin de se ranger à cette simplification. Il ne manque certes pas, d&#8217;aborder cette question de la fonction et de l&#8217;incidence de la pulsion homosexuelle de Schreber. Mais lorsque Freud parle de la pulsion homosexuelle de Schreber qui se traduit par ce « fantasme » : « Qu&#8217;il serait beau d&#8217;être une femme subissant l&#8217;accouplement », c&#8217;est pour ajouter immédiatement, que s&#8217;il y a effectivement pour Schreber, une régression de la libido, ce n&#8217;est pas seulement une régression sur un objet homosexuel.</p>
<p>Cliniquement cette même régression se constate aussi bien dans les névroses que dans les perversions. Il ne s&#8217;agit pas pour Schreber d&#8217;un passage de l&#8217;objet d&#8217;amour qui était pour lui sa femme à celui du professeur Flechsig, l&#8217;objet de ses préoccupations homosexuelles.</p>
<p>Du dire de Freud,  il s&#8217;agit chez Schreber, de la manifestation d&#8217;une régression de la libido plus rétrograde, qui recule jusqu&#8217;au temps du narcissisme, temps où c&#8217;est le sujet et seulement le sujet qui reste investi comme objet.</p>
<p>Pour Freud, ce temps du « fantasme » Schreberien est, non pas un temps d&#8217;investissement d&#8217;un objet d&#8217;amour homosexuel,mais un temps de désobjectalisation.</p>
<p>C&#8217;est un temps où Schreber abandonne tous ses investissements libidinaux antérieurs, et où c&#8217;est son propre corps qui devient pour lui, l&#8217;objet de toutes ses interrogations et de toutes ses attentions.</p>
<p>Nous repérons qu&#8217;ici se pose, pour Freud la difficile question de la fonction de l&#8217;objet dans la psychose, et il ne s&#8217;y dérobe pas.</p>
<p>Il constate que cette fonction de l&#8217;objet, propre au fantasme du névrosé, vole ici en éclats.</p>
<p>Dans la psychose, l&#8217;objet ne peut plus s&#8217;appréhender comme suscitant l&#8217;amour ou le désir, puisque c&#8217;est le rapport même à l&#8217;objet qui a chu.</p>
<p>Et Freud repère bien qu&#8217;en lieu et place de ce rapport à l&#8217;objet se substitue une économie libidinale extrêmement complexe, mouvante, qui se manifeste sur deux plans :</p>
<p>&#8212;  dans l&#8217;imaginaire, par l&#8217;éclosion d&#8217;un délire,</p>
<p>&#8212;   et sur un autre plan, dans un autre lieu, que Lacan nous a appris à nommer le    Réel, l&#8217;apparition des voix de l&#8217;hallucination, où « ce qui a été aboli du dedans, revient du dehors ».</p>
<p>Et c&#8217;est, nous dit Freud, dans ce temps de désobjectalisation, que pour Schreber s&#8217;installe ce fantasme de désir féminin. Et il voit dans la survenue de ce fantasme, l&#8217;expression du profond conflit moral, dans lequel se trouvait alors Schreber.</p>
<p>Comment  Schreber aurait-il pu accepter sans révolte, l&#8217;idée qui s&#8217;imposait alors à lui, mais pour lui injurieuse, de sa transformation en femme ?</p>
<p>Comment aurait-il pu accepter l&#8217;idée de son éviration alors qu&#8217;il trouvait tellement plus digne d&#8217;être un homme ?</p>
<p>Mais, nous dit Freud, pour que puisse s&#8217;accomplir le dessein de Dieu, à lui révélé, s&#8217;imposa à lui l&#8217;idée délirante que son éviration devenait un mal nécessaire pour pouvoir devenir la femme qui manquait à Dieu, afin que rédempteur, il puisse engendrer une nouvelle humanité.</p>
<p>Il cesserait alors d&#8217;être immortel, et ayant accompli son destin de femme, il pourrait enfin mourir et gagner une félicité éternelle.</p>
<p>Freud nous restitue, par sa lecture attentive, le processus de Cottardisation alors à  l&#8217;oeuvre dans le discours de Schreber qui se manifeste dans sa croyance délirante d&#8217;être immortel. Mais c&#8217;est Lacan qui nous aura appris à repérer dans ce « fantasme » l&#8217;amorce de ce que sera la pente transsexuelle, dans toute psychose avérée.</p>
<p>Et Lacan s&#8217;en explique : il ne s&#8217;agit pas dans ce « qu&#8217;il serait beau d&#8217;être une femme subissant l&#8217;accouplement » du fantasme hystérique du conducteur de tramway qu&#8217;il rapporte dans son séminaire «<em> Les structures freudiennes des psychoses</em> » et qui s&#8217;articule dans un :</p>
<p>« suis-je un homme ou une femme » ou « qu&#8217;est-ce qu&#8217;être une femme » ou encore</p>
<p>« quelle est la fonction du père dans la procréation » ?</p>
<p>Schreber ne se demande pas, dans son délire, qu&#8217;est-ce qu&#8217;être une femme ? Il le sait et il se doit d&#8217;être une femme pour l&#8217;ordre d&#8217;un nouveau monde.</p>
<p>Et pour ce qui est de la fonction du père dans la procréation, c&#8217;est à Dieu qu&#8217;il la délègue, puisque c&#8217;est précisément dans cette fonction qu&#8217;il échoue. Et c&#8217;est en ce temps que s&#8217;impose à lui ce « qu&#8217;il serait beau d&#8217;être une femme subissant l&#8217;accouplement ».</p>
<p>Ce dit fantasme ne fut pas pour Schreber sans conséquences immédiates :</p>
<p>D&#8217;une part, cela l&#8217;obligera à un réaménagement complet de sa vie quotidienne par rapport à laquelle il va se trouver en défaut: il ne peut plus travailler, il ne peut plus dormir, il ne peut plus vivre avec sa femme. Et cela nécessitera un nouvel internement.</p>
<p>D&#8217;autre part, cela le conduira nécessairement à une complète réorganisation de son monde signifiant, comme en témoignera son rapport  la <em>grundsprache </em>et l&#8217;obligera à se forger une nouvelle conception du langage, du monde, des hommes, de Dieu et de son corps.</p>
<p>Le « fantasme » de Schreber s&#8217;éclaire alors d&#8217;une toute autre façon que le fantasme d&#8217;un névrosé.</p>
<p>Le fantasme permet à un névrosé d&#8217;osciller entre deux places S et a, pour soutenir sa position de désirant, chacune de ces places s&#8217;accompagnant d&#8217;une perte. Ou le parlêtre se soutient de sa division subjective mais alors il perd le rapport à l&#8217;objet qui cause son désir, ou il consiste en cet objet a, mais alors il se perd comme sujet divisé.</p>
<p>Dans les deux cas, s&#8217;il y a une perte Symbolique, c&#8217;est toutefois de son désir dont il s&#8217;agit.</p>
<p>Lorsque tel de mes patients se plaint du fantasme qui le porte à toujours se trouver partagé entre un ici et un ailleurs, lorsqu&#8217;il se plaint de toujours s&#8217;imaginer être, entre un homme et une femme, que ce soit dans l&#8217;exercice de sa sexualité avec sa compagne ou dans la course aux bains douche où dans l&#8217;anonymat de l&#8217;obscurité et de la vapeur il peut se laisser prendre sexuellement par un quelqu&#8217;un dont il ne veut rien savoir et surtout pas le nom, après quoi court-il ? si ce n&#8217;est après le fantasme d&#8217;être entre son père et sa mère pendant l&#8217;accouplement, ce qu&#8217;il peut énoncer sans en entendre l&#8217;incidence sur sa position subjective, à savoir : aurait-il à se compter comme homme ou comme femme ? Aurait-il à condescendre à une jouissance phallique toujours en défaut ou à renoncer à cette jouissance phallique  pour s&#8217;engager sur la pente d&#8217;une jouissance Autre, infinie, qu&#8217;il voit étalée, depuis sa prime jeunesse, chez son père héroïnomane, toujours à la limite de l&#8217;overdose ?</p>
<p>Ce n&#8217;est pas du tout de cela dont il s&#8217;agit dans le « fantasme » schrebérien. Il aurait lui, trouvé la réponse à cette question. Il n&#8217;y a pas, dans l&#8217;énoncé de Schreber  trace d&#8217;une attention que lui porterait un semblable, ici en place d&#8217;Autre réel, que ce soit le père , la mère ou une femme.</p>
<p>Ni petit autre ni grand Autre tels que nous pouvons les déplier dans l&#8217;écriture du fantasme d&#8217;un névrosé.</p>
<p>Nous nous trouvons avec l&#8217;énoncé de Schreber face à ce qu&#8217;il appelle, lui-même, une idée, que nous, nous pouvons qualifier de délirante.</p>
<p>« Qu&#8217;il serait beau d&#8217;être une femme en train de subir l&#8217;accouplement »  est un énoncé qui porte trace de nulle angoisse, de nulle division.</p>
<p>C&#8217;est un énoncé où il semble que pour lui, tout serait à gagner à s&#8217;imaginer soi-même  cet objet autre, une femme passive et toute jouissance  dans une situation où l&#8217;initiative viendrait d&#8217;un grand Autre qui serait Dieu, puisque c&#8217;est lui qui veut cela de Schreber.</p>
<p>Sauf, que pour y accéder, il y aurait pour Schreber, à concéder une perte, non pas symbolique mais dans le Réel, perte de ce sexe qui le fit homme et apte à l&#8217;exercice et au désir sexuel.</p>
<p>Car, c&#8217;est à devoir renoncer à la jouissance phallique, et à la possibilité de pouvoir se compter comme homme, que le conduit ce dit fantasme, avec comme bénéfice, si c&#8217;en est un, celui de pouvoir s&#8217;adonner à la béatitude, à la volupté de pouvoir se contempler, seul, face au miroir, le buste nu et paré de colifichets.</p>
<p>Il n&#8217;a plus besoin de l&#8217;autre, il lui suffit, dit-il, grâce à la volupté spirituelle qu&#8217;il a accumulée,</p>
<p>« du moindre effort d&#8217;imagination pour se procurer un bien-être sensuel, donnant un avant-goût assez net, de la jouissance sexuelle de la femme pendant l&#8217;accouplement ».</p>
<p>Telle est sa jouissance : jouissance d&#8217;une image travestie contemplée, volupté spirituelle sensuelle, c&#8217;est son propre corps qui devient alors cet objet a.</p>
<p>Non pas corps narcissique investi par Eros et le Phallus, corps glorieux ou défaillant selon les circonstances, mais corps enveloppe, contours, pensée, corps qui se doit d&#8217;être autre qu&#8217;il n&#8217;est, afin de pouvoir susciter, non pas le désir de l&#8217;autre sexe, mais le désir de Dieu.</p>
<p>Ce que nous appelons alors fantasme dans la psychose paraît alors rassembler la concaténation de certaines idées-forces  qui se déploieront ultérieurement dans les moments féconds du délire : idées mystiques, de mégalomanie, pente à la Cottardisation  ou au transsexualisme.</p>
<p>En cela, ce dit « fantasme » se rapproche étonnamment de la structure des phénomènes élémentaires mis en lumière par de Clérembault et peut- être gagnerions nous en sa compréhension à le considérer ainsi, et comme une des modalité d&#8217;entrée dans certaines psychoses.</p>
<p>Charles Melman dans <em>Les structures lacaniennes des psychoses, </em>aborde la question de ce « fantasme » schrebérien.</p>
<p>Il en fait une image qui surviendrait dans un temps où pour un sujet le fantasme se défait, donnant ainsi à entendre, ce qui, de ce fantasme, en serait la vérité scellée.</p>
<p>Il perdrait alors sa valeur de fantasme, pour devenir un voeu du sujet, vœu qui pourrait alors se déplier : « qu&#8217; il serait beau d&#8217;être une femme subissant l&#8217;accouplement », qu&#8217;il serait beau que l&#8217;Autre ne soit pas un lieu vide, qu&#8217;il serait beau de pouvoir jouir de son propre corps, féminisé.</p>
<p>Ce que Lacan conceptualisait comme « le pousse à la femme » à l&#8217;oeuvre dans la psychose.</p>
<p>Toute l&#8217;évolution de la maladie de Schreber confirme le bien-fondé de cette interprétation et nous ne pouvons qu&#8217;y souscrire entièrement.</p>
<p>Remarquons cependant que lorsque le fantasme se défait dans la névrose, et c&#8217;est cliniquement fort fréquent, cela n&#8217;entraîne pas le même genre de conséquence.</p>
<p>Lorsque la jeune homosexuelle, au bras de sa dame, croise son père, nous sommes là également dans un temps de défection du fantasme, qui entraîne lui,  un passage à l&#8217;acte, une éviction du sujet de la scène, pas l&#8217;éclosion d&#8217;un délire.</p>
<p>Cela ne nous soulage donc pas d&#8217;avoir à rendre compte de ce qu&#8217;on appelle fantasme dans la psychose. Car nous avons aussi à  remarquer leur étonnante fixité aussi bien dans leur énoncé que dans leur maintien dans la durée, et ce, contrairement à la labilité du fantasme dans la névrose par exemple dont l&#8217;énoncé se modifie au cours du travail analytique, fantasme qui peut même être abandonné au profit d&#8217;un autre fantasme mettant en cause un autre type d&#8217;objet a.</p>
<p>Nous savons que chez Schreber, cette idée délirante, qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;énoncé même de son « fantasme » ou de sa conséquence directe, son rôle de rédempteur, ce sera le seul point délirant qui restera après ce qu&#8217;il sera convenu d&#8217;appeler sa guérison.</p>
<p>Nous avions constaté cette même fixité de l&#8217;énoncé et cette même persistance d&#8217;une idée délirante chez certains patients que nous avons entendus à Sainte Anne.</p>
<p>Par exemple, cet énoncé : « je suis une femme. Dans mon quartier tout le monde m&#8217;appelle Amanda ».</p>
<p>Et si ce patient, se faisait appeler Amanda, et se disait femme, il pouvait avec ses allures tranquilles, faire son marché, en plein été, en grosses chaussures de montagne et en bonnet pointu à pompons rouges : nul besoin de mascarade, nul besoin de jouer à la femme, la femme, il l&#8217;était.</p>
<p>Certains propos de Schreber sont aussi interprétés par Freud comme des métaphores.</p>
<p>Par exemple, il voit dans les « les oiseaux du ciel » évoqués par Schreber, une allusion aux jeunes filles de Vienne, écervelées et piaillantes, nous dirions en français, des étourneaux.</p>
<p>Si ces oiseaux viennent à fonctionner sur un mode métaphorique, ne serait-ce pas du côté de celui qui entend et non pas du côté de celui qui parle ?</p>
<p>Cela m&#8217;a amenée à questionner le terme de « métaphore délirante » que Lacan utilise pour qualifier le « fantasme » de Schreber.</p>
<p>Si la fonction de la métaphore c&#8217;est de produire du sujet, ce terme n&#8217;est-il pas malvenu à propos de la psychose ?</p>
<p>En effet, son « fantasme » n&#8217;entraîne pas pour lui une création de sens ou une nouvelle signification. Il ne prend pas non plus valeur d&#8217;interprétation, toutes ces incidences seraient à repérer dans le registre du Symbolique.</p>
<p>Or, ce qu&#8217;énonce Schreber ne peut s&#8217;entendre dans le registre du Symbolique. Les conséquences de son énoncé c&#8217;est dans le Réel que pour lui, elles interviennent ou qu&#8217;elles auraient à intervenir : il  s&#8217;affuble réellement de colifichets devant son miroir, il attend réellement son éviration par les rayons divins, il se dit la femme de Dieu, ce n&#8217;est pas du « discours courant,  ni de la ritournelle » : cet énoncé est le point pivot autour duquel s&#8217;organisera tout son délire, tout son rapport au langage et à la jouissance.</p>
<p>Alors, si le terme de « métaphore délirante » ne convient pas mieux que celui de « fantasme » pour qualifier ce type d&#8217;énoncés, comment les nommer ?</p>
<p>L&#8217;appellation de « phénomène élémentaire » rend mieux compte de la différence de clinique, dans ces deux champs de la pathologie que sont la névrose et la psychose, mais  cet énoncé représente seulement  un des éléments co-variants de la structure psychotique.</p>
<p>Nous pourrions reprendre le terme que proposait Charles Melman  et les appeler des vœux.</p>
<p>En effet, le vœu fait partie du champ de tout parlêtre, qu&#8217;il soit délirant ou pas, et sa connotation liée au souhait, au désir, le rend propre  à rendre compte des divagations humaines.</p>
<p>Je pourrais également proposer les termes de « point fixe » en tant que le point fixe vient organiser pour un sujet  la représentation du monde sur laquelle il peut certes s&#8217;appuyer mais aussi se fourvoyer.</p>
<p>Ces différentes nominations présenteraient l&#8217;intérêt de mieux traduire la réalité clinique que ces énoncés nous soumettent. En cela, elles me paraissent plus satisfaisantes que le terme de fantasme qui parle lui, des névroses ou des perversions. Ces nominations, plus affinées, nous invitent à plus de justesse dans notre lecture de ces problématiques énoncés.</p>
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		<title>La question de l’acte en psychanalyse : passage à l&#8217;acte et acting out par Choula EMERICH &#8211; Janvier 2004</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 17:49:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ELS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[acte]]></category>
		<category><![CDATA[acting out]]></category>
		<category><![CDATA[symptôme]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est une question très délicate qui est rarement reprise par les psychiatres ou les analystes alors que c’est une problématique journalière de notre pratique de cliniciens, parce qu’en réalité nous avons longtemps manqué de concepts théoriques pour pouvoir en rendre compte sur un mode différentiel. En effet comment traduire le « Agieren » de Freud qui recouvrait des choses aussi différentes que des actes se passant dans et hors de la cure, ces actes pouvant être aussi bien des agir conscients que inconscients. Cela noyait la question de la spécificité de l’acte parce que ou tout devenait un acte et alors comment avoir une prise clinique sur l’évènement ou la clinique ne retenait le terme d’acte que pour la tentative de suicide qui comportait en fait la disparition de l’acteur. La littérature anglosaxone a retenu comme traduction pour cet agieren le terme d’acting out qui maintient l’ambiguité sémantique du Agieren freudien dans la mesure où il dit tout à la fois le fait d’agir de bouger de faire une action, le fait de mettre pour un acteur la scène sur la scène. Il inclut par là même une monstration mettant le corps en cause, permet également la distinction langagière aisée entre l’acting &#8230; <a class="more-link" href="http://www.ali-provence.com/2012/02/514/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong><br />
</strong></span></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p><strong>C’est une question très délicate qui est rarement reprise par les psychiatres ou les analystes alors que c’est une problématique journalière de notre pratique de cliniciens, parce qu’en réalité nous avons longtemps manqué de concepts théoriques pour pouvoir en rendre compte sur un mode différentiel.</strong></p>
<p><strong>En effet comment traduire le « Agieren » de Freud qui recouvrait des choses aussi différentes que des actes se passant dans et hors de la cure, ces actes pouvant être aussi bien des agir conscients que inconscients.</strong></p>
<p><strong> Cela noyait la question de la spécificité de l’acte parce que ou tout devenait un acte et alors comment avoir une prise clinique sur l’évènement ou la clinique ne retenait le terme d’acte que pour la tentative de suicide qui comportait en fait la disparition de l’acteur.</strong></p>
<p><strong>La littérature anglosaxone a retenu comme traduction pour cet agieren le terme d’acting out qui maintient l’ambiguité sémantique du Agieren freudien dans la mesure où il dit tout à la fois le fait d’agir de bouger de faire une action, le fait de mettre pour un acteur la scène sur la scène. Il inclut par là même une monstration mettant le corps en cause, permet également la distinction langagière aisée entre l’acting in et l’acting out. Donne à entendre également quelque chose de la sexualité puisque « to act out » signifie aussi en langage argotique éjaculer.</strong></p>
<p><strong>La tradition française a rendu le Agieren freudien par le terme de passage à l’acte à propos d’un cas devenu princeps sous le titre de « la jeune Homosexuelle » mais la complexité des Agieren qui y sont à l’œuvre ont amené Lacan à réintroduire le terme d’acting out car dit-il il n’en n’a pas trouvé en français une traduction qui le satisfasse. Et son commentaire de cet article de Freud va lui permettre de distinguer ces deux types d’Agieren que sont pour lui le passage à l’acte et l’acting out.</strong></p>
<p><strong>Je reprends très brièvement ce qui a amené cette patiente chez Freud  après une série d’Agieren :  une jeune femme de la bonne bourgeoisie viennoise s’est éprise d’un amour platonique et violent pour une demi-mondaine, qui flattée, l’y encourage sans pour autant lui accorder la moindre faveur. La jeune fille s’exténue, tel un chevalier servant auprès de sa dame et se promène au vu et au su de tous bravant l’interdiction de son père.</strong></p>
<p><strong>Ce qui devait finir par arriver arriva. Au bras de sa dame elle croise un jour son père qui la toise d’un regard courroucé, elle s’arrache alors du bras de sa compagne et se précipite sur les rails d’un petit chemin de fer qui traverse la ville en cet endroit.</strong></p>
<p><strong>C’est à propos de cet acte que Freud parle de passage à l’acte. Il dit  elle se laisse choir, dans un « niedercommen lassen » littéralement se laisser tomber mais aussi en langue populaire, accoucher, mettre bas.</strong></p>
<p><strong>Il faudra attendre la reprise de ce cas par Lacan  dans son séminaire « La relation d’objet » en 57, pour que commence à se dégager un nouvel éclairage de ce que c’est qu’un acte, dans la comparaison des positions subjectives de Dora et de la Jeune homosexuelle, principalement dans l’analyse de leur position respective à l’égard de leur père. Dora dans son tout amour pour lui, la jeune homosexuelle dans sa récusation. Vous entendez qu’il s’agit dans ces deux situations de la position de ces deux jeunes femmes à l’endroit et du phallus et de la castration. </strong></p>
<p><strong>Ce sera toujours de cela dont il sera question quand nous aurons à examiner la question d’un acte. </strong></p>
<p><strong>Je me suis demandé quelle porte d&#8217;entrée serait la meilleure pour vous rendre compte de ce qu&#8217; en analyse nous appelons un point d&#8217;acte.</strong></p>
<p><strong> Ne manquons pas d&#8217;entendre la cocasserie de la langue ou de l&#8217;inconscient, &#8212; laissons pour l&#8217;instant cela en suspens &#8211;, qui, lorsque nous voulons dire, temps où pour un sujet s&#8217;impose un acte, se donne à décoder dans un même mouvement :  comme, surtout pas d&#8217;acte, ou comme actualisation nécessaire d&#8217;un acte.</strong></p>
<p><strong>Et bien nous sommes là au vif du déchiffrage de ce que c&#8217;est qu&#8217;un acte en psychanalyse.</strong></p>
<p><strong>Promenons-nous encore un peu dans la clinique freudienne.</strong></p>
<p><strong> Je rapportais en privé à une personne ici présente comment Freud s&#8217;était trouvé confronté à cette question de l&#8217;acte dès le début de sa pratique.</strong></p>
<p><strong>Il recevait une belle, riche, intelligente et jeune hystérique de la bourgeoisie viennoise et à la fin de la séance de travail cette jeune femme lui saute au cou dans une invite sans aucune ambiguïté. Contrairement à Breuer, Freud n&#8217;a pas  cru à l&#8217;irrésistibilité de son charme et il lui a simplement demandé à qui s&#8217;adressait cette fougue.</strong></p>
<p><strong>C’était un acte.</strong></p>
<p><strong>C&#8217;était aussi sa première interrogation sur  la naissance du transfert.</strong></p>
<p><strong>Nous sommes dans cette brève narration devant un foisonnement d&#8217;actions. Comment allons nous les cataloguer ? Ont-elles le même statut ? S&#8217;agit-il d&#8217;actes et si oui lesquels ?</strong></p>
<p><strong>L&#8217;acte inaugural, celui de Freud, d&#8217;avoir accepté d&#8217;entendre une femme avec l&#8217;a-priori que les souffrances, nous disons symptômes, qu&#8217;elle présentait relevaient non d&#8217;une folie, mais d&#8217;une autre logique qu&#8217;il tentait de découvrir espérant de ce déchiffrage la sédation des symptomes.</strong></p>
<p><strong>Et nous savons comment Freud a payé dans sa vie le fait d&#8217;avoir osé poser cet acte : son isolement intellectuel y compris avec ses plus proches collaborateurs, également la nécessité pour lui d&#8217;avoir à toujours à se justifier,  mais aussi les fins de mois difficiles alors qu&#8217;il aurait pu continuer au moins un temps, sa brillante carrière de scientifique reconnu et honoré. Un acte, ça entame, ça ne laisse pas à la même place.</strong></p>
<p><strong> Comment entendre l&#8217;acte de la jeune femme ? Elle parle, elle attend de celui à qui elle s&#8217;adresse la prise en compte de ses difficultés, leur compréhension. Pouvons-nous nous étonner que devant le sérieux, la ténacité que met Freud dans cette écoute de ce dont jusqu&#8217;alors le médical se moquait, simulatrice disait-on et du côté du clergé sorcière appuyait-on. </strong></p>
<p><strong>Comment s&#8217;étonner que de cet homme elle s&#8217;amourache, qu&#8217;elle s&#8217;abandonne à lui ?</strong></p>
<p><strong>Névrose de transfert disons-nous. </strong></p>
<p><strong>Mais s&#8217;abandonner à l&#8217;autre, dans cette précipitation, je dirais dans la hâte, pour renvoyer à la nécessité d’un temps logique, est-ce un acte ? Le Sujet est-il là dans la position de  pouvoir en rendre compte, de cet acte l&#8217;assumer ? Quand le sujet ne le peut pas, quand le sujet est absent de son acte, quand cet acte, consciemment il ne peut le revendiquer, s&#8217;en dire l&#8217;auteur, nous disons qu&#8217;il y a passage à l&#8217;acte.</strong></p>
<p><strong>A l&#8217;acte de Freud, sa belle patiente répond par un passage à l&#8217;acte.</strong></p>
<p><strong> Nous savons que Breuer a été vite effrayé d&#8217;avoir accepté de devenir l&#8217;amant d&#8217;une de ses patientes, qu&#8217;il s&#8217;en est dépétré en l&#8217;adressant à Freud, et en allant faire un enfant à sa femme en Italie, pendant que sa patiente se débattait dans une grossesse nerveuse que Freud a bien sûr mis du temps à comprendre, puisqu&#8217;il en faut du temps pour dire  et comprendre les choses quand un sujet est pris dans ce genre de piège.</strong></p>
<p><strong>Et que fait cette patiente lorsqu&#8217;elle promène par la ville son ventre, gros de son désir à elle et sans qu&#8217;elle le sache ? Elle promène son acting-out : elle donne à voir à l&#8217;autre ce qu&#8217;elle même ne comprend pas, ce qui ne fait même pas question pour elle, et dont elle ne pourrait même pas comprendre que l&#8217;autre puisse la questionner la-dessus.</strong></p>
<p><strong>Si la patiente de Breuer avait fait un acte, elle aurait pu se dire &laquo;&nbsp;bon, j&#8217;ai pris un rateau, la vie continue&nbsp;&raquo; et faire son deuil tranquillement ou pas, pour avoir été éconduite.</strong></p>
<p><strong>Mais ce n&#8217;est pas ce qui s&#8217;est passé. Elle a réagit au niveau de son corps, dans une incompréhension totale de ce qui lui arrivait. Ne pouvant mettre des mots, une articulation signifiante disons-nous, elle fait un acte, un semblant d&#8217;acte, elle devient grosse de ce que son corps ne peut dire par le langage.</strong></p>
<p><strong>Elle fait une décompensation psychosomatique. Mais elle aurait pu aussi bien faire un passage à l’acte ou entendre des petites voix. Quelque chose qui pour elle n&#8217;a pas été symbolisable fait pour elle retour dans le Réel, comme le dit Lacan à propos de la psychose, dans le Réel de son corps.</strong></p>
<p><strong>Cette question de la différence entre un passage à l’acte et l’acting out, Lacan commence à la travailler dans son séminaire sur l’Angoisse en 62, et dans La logique du fantasme en 67, mais ce ne sont encore que des avancées dont il nous laissera la charge de les reprendre  dans notre clinique.</strong></p>
<p><strong> Marcel Czermak dans Patronymies, J.M. Forget dans Ces ados qui nous prennent la tête,  moi-même dans quelques articles avons essayé, pour notre compte de nous tenir au clair avec ces questions.</strong></p>
<p><strong>Car n&#8217;allez surtout pas croire que cela ne concerne  la psychanalyse qu’en ses débuts. Ce genre de problématique jalonne notre clinique au quotidien. Je vous  livre quelques vignettes cliniques tirées de ma pratique  :</strong></p>
<p><strong>Tel, ce jeune adolescent, venu me consulter parce qu&#8217;il avait une trop grande propension à être dans la lune. Planer lui semblait infiniment plus terre à terre que le rude plancher des vaches. Jusqu&#8217;au jour où il me rapporta le souvenir suivant :  il est en vacances avec ses parents, dans un club, il a 3ans et demi. Ses parents le couchent exceptionnellement tôt et il leur demande s&#8217;ils vont sortir le soir et le laisser seul. Ils lui assurent que non qu&#8217;il peut dormir tranquille. L&#8217;enfant s&#8217;endort et bien sûr il se réveille dans la nuit. Il constate que ses parents ne sont pas là. Qu&#8217;il est seul et que la porte est fermée à clef. Il entend au loin le bruit de la fête, la musique, il ouvre la fenêtre, il se jette du 2ème étage.</strong></p>
<p><strong>Il ne peut, vingt ans plus tard, rendre compte de son acte. Il ne le comprend pas. Il se pose la question d&#8217;une tentative de suicide et y répond que non. Effectivement il n&#8217;y était pas. A un stimulus une réaction automatique. Il ne peut pas sortir par la porte soit, il sort par la fenêtre. Nous avons là un acte sans sujet. Une réponse automatique.</strong></p>
<p><strong>Cela conditionnera tout son rapport à la parole de l’Autre, à sa bonne ou à sa mauvaise foi, et l’enracinera  dans un monde virtuel que seuls, la musique hard et le sheet viendront habiter. Pas d’ami, pas de compagne, pas de maître. Véritable électron libre sans attache symbolique, son monde : la fumette.</strong></p>
<p><strong>Et pour bien vous rendre compte de la différence de position subjective dans un passage à l’acte et dans un acting out, je vous livrerais la réponse d’un autre de mes patients, à 7 ou 8 ans, qui s’est trouvé devant la même situation.</strong></p>
<p><strong>Il se retrouve en pleine nuit, seul, la maison vide et la porte fermée à clef. Quelle est sa question devant sa porte fermée et dont il se souvient parfaitement 25 ans plus tard : « comment ils ont pu me faire çà, à moi ».</strong></p>
<p><strong>Il est allé se réfugier sous des coussins et contre le radiateur du salon, sa cachette préférée où il avait l’habitude de déchiffrer ses premiers livres d’enfant. Il les a attendus et leur a fait une scène quand ils sont rentrés.</strong></p>
<p><strong>Mais aujourd’hui, il dit n’avoir jamais compris leur acte, acte pour lequel il leur en veut toujours. A cet acte, il y avait répondu sur le mode d’un acting out.</strong></p>
<p><strong>Mon autre patient, lui s’était  éjecté par la fenêtre. Ce que nous pouvons entendre comme un « si, je ne compte pas, s’il me croît mort, et bien je vais leur donner raison, je me décompte »</strong></p>
<p><strong> Et il n’est pas dit qu’il n’y ait pas eu là des petites voix pour le lui souffler. Il s’en est tiré avec quelques fractures.</strong></p>
<p><strong>Mais éclairant me paraît aussi le commentaire que ses parents ont fait de cet acte après l’avoir vertement engueulé : c’est malin, tu t’es pris pour superman ou quoi ? »</strong></p>
<p><strong>Nous entendons dans leur réponse à cet acte que la position  de cet enfant était pour eux pleinement articulable si pas articulée. Faute d’avoir pris au sérieux l’acte de leur fils, ils l’ont niedercommen lassen, nierdercommen lassen qui continue de le promener tout au long de son existence, même si son analyse poursuivie fort courageusement et pendant fort longtemps lui a permis de tenir un semblant de place dans le social où il est aujourd’hui, gérant d’un magasin de chaussures.</strong></p>
<p><strong>Nous avons là l’illustration de ce que dans le passage à l’acte, c’est comme objet a dans le réel que le sujet s’évacue, alors que dans l’acting out c’est comme – phi, comme phallus imaginaire qu’il se met dans une parade. Ex :  Comment ont-ils pu me faire çà, à moi, brillant phallus ramené à ma position de n’être pas tout pour l’autre.</strong></p>
<p><strong>Lacan nous dit dans son séminaire sur l’angoisse :  « c’est toujours dans sa propre chair qu’on a à payer ses dettes ».</strong></p>
<p><strong>Une autre de mes patientes, allemande, après dix ans d&#8217;analyse environ réussit à me raconter ce souvenir : elle se revoit, bloc d’angoisse mutique et hébétée, terrée sous les escaliers intérieurs de sa maison, les russes sont rentrés  et sous ses yeux cachés, ils violent sa mère. Rien n&#8217;est dit, rien n&#8217;est dévoilé, ni du côté de la mère ni du côté de la petite fille, la maman ne saura jamais que sa fille a assisté à la scène,  mais quelque temps plus tard elles se promènent ensemble dans les rues de Berlin. Les chars russes sillonnent la ville. Elle s&#8217;arrache à la main de sa mère et va se précipiter sous les roues du char. Elle a entre 3 et 4 ans. Sa vie n’a été sauvée que de justesse.</strong></p>
<p><strong> De cela, elle non plus, elle ne peut pas répondre.Ca ressemble dit-elle à une tentative de suicide mais en est-ce une ? Pour elle c&#8217;est indécidable.</strong></p>
<p><strong>Il est très difficile de tenter d’articuler les questions qui se sont posées à elle sous cet escalier, mais nous sommes en tous cas sûrs de sa réponse : un russe, çà éjecte l’autre de sa position de sujet.</strong></p>
<p><strong> Mais il y a par contre quelque chose qu&#8217;elle peut après son travail sur cette impulsion, c’est son mot,  repérer c&#8217;est que chaque fois qu&#8217;elle doit dire une chose qu&#8217;elle sait, croit ou imagine être importante, sa phrase commence toujours par &laquo;&nbsp;c&#8217;est curieux&nbsp;&raquo;. Et qu&#8217;à partir de là elle a pu déchiffrer autrement son symptôme qui consistait à ne pouvoir regarder les gens qu&#8217;au niveau du sexe, alors qu&#8217;elle était professeur dans une très grande école. Cette manifestation de son symptôme est alors complètement tombée.</strong></p>
<p><strong> Bien sûr continuera pour elle à prévaloir la problématique du regard et cela nous amène à la question de qu&#8217;est-ce qui tombe et qu&#8217;est-ce-ce qui reste d&#8217;un symptôme quand il est passé au crible de l&#8217;analyse.</strong></p>
<p><strong>Ce sont deux exemples d&#8217;amnésie infantile levée par le travail de l&#8217;analyse, et où, si la question du passage à l’acte est manifeste, celle de l’acte reste problématique dans la mesure où, ni l’un ni l’autre, alors que devenus adultes, n’ont pu répondre du pourquoi de cette précipitation, ni s’en reconnaître consciemment les auteurs. Si je devais traduire leur embarras je l’exprimerais ainsi : çà s’est fait sans eux, ils n’y étaient pas.</strong></p>
<p><strong>Comme quoi un sujet peut avoir à pâtir d’une situation dont il est l’acteur sans pouvoir s’en reconnaître comme l’auteur.</strong></p>
<p><strong>Mais ce qui m’apparaît le plus clairement dans mes questionnements sur la question de l’acte c’est à quel point un acte de quelque nature qu’il soit, est toujours lisible dans une articulation signifiante coincée dans la position subjective d’un sujet dans on rapport à l’objet a et au phallus imaginaire.</strong></p>
<p><strong>Je dis coincée parce que relevant pour le sujet, sur un point précis, d’un défaut de symbolisation voire d’une forclusion qui font retour dans le réel. </strong></p>
<p><strong>Je vous livre encore un autre exemple qui me paraît  intéressant également car il fait jouer la question de l&#8217;acte avec un tiers terme. </strong></p>
<p><strong>Une jeune femme en analyse chez moi depuis un certain temps pour une phobie de l&#8217;orage totalement paralysante est venue pendant un court laps de temps à ses séances accompagnée de son fils de 7-8 ans, qui l&#8217;attendait dans la salle d&#8217;attente. Elle l&#8217;élevait toute seule étant divorcée.</strong></p>
<p><strong> Un jour elle me raconte en riant aux éclats une bonne blague : son fils a pris l&#8217;habitude de faire du strip-tease pour ses petits camarades dans un scénario très précis : il monte sur une table et les enfants autour de la table le regardent s&#8217;exhiber et doivent applaudir</strong></p>
<p><strong> Je lui demande ce qui la fait rire, qu&#8217;est-ce qu&#8217;elle trouve de si drôle là-dedans. Elle est interloquée parce que je n&#8217;en ris pas et que j&#8217;ai probablement dû faire un peu la grosse voix, à mon insu.</strong></p>
<p><strong>La séance d&#8217;après elle revient, encore accompagnée de son fils qui va patienter dans la salle d&#8217;attente. Seulement après la séance et qu’ils soient partis, je me rends compte qu&#8217;il est venu avec des ciseaux ou un cutter et qu&#8217;il a coupé le tapis de la salle d&#8217;attente sur 7-8 cm. Peu après, il revient avec sa mère , salle d&#8217;attente, séance pour la maman. A la fin de la séance je dis à la maman de m&#8217;attendre elle, dans la salle d&#8217;attente parce  que j&#8217;ai 2 mots à dire à son fils. Là encore elle est estomaquée, mais accepte. Je fais donc rentrer le gamin dans mon bureau et je lui dis : «  je sais que tu as coupé le tapis de la salle d&#8217;attente, je sais aussi que tu as de l&#8217;argent personnel sur un livret de caisse d&#8217;épargne, alors, sache qui si jamais tu abîmes à nouveau quoi que ce soit chez moi, je te ferais tout payer y compris le tapis qui vaut très cher ».</strong></p>
<p><strong>Quand la mère m&#8217;a demandé ce que j&#8217;avais dit à son fils je lui ai dit de le lui demander. Il n&#8217;est plus jamais revenu dans la salle d&#8217;attente.</strong></p>
<p><strong>La mère n&#8217;a probablement pas su ce que j&#8217;avais dit à son fils mais je n&#8217;ai pas su davantage ce qu&#8217;elle avait pu elle, lui raconter, sur le fait qu&#8217;il se montre, et que cela  entraîne qu&#8217;il fasse cet acte de vandalisme. Coupure dans le réel.</strong></p>
<p><strong> Si cet exemple m’a paru intéressant c’est qu’il illustre bien pour nous la fonction, le rôle que peut tenir un partenaire dans le déclenchement d’un passage à l’acte : je fais la grosse voix auprès de la maman, la mère reste coite mais c’est le fils qui me répond sur le mode « tiens, encaisses », alors je lui ai parlé de gros sous.</strong></p>
<p><strong>Et ce qu’il y a encore de plus intéressant c’est que ça a donné semble-t-il, un coup de frein non seulement à son exhibitionnisme, çà j’en suis sûre mais aussi,  mais est-ce lié ? à sa façon  d’utiliser l’autre au profit de sa propre jouissance et ce bien sûr sans que l’autre y ait son mot à dire. Il n’était plus seulement ce que Freud appelait un «  petit pervers polymorphe », il était déjà dans une position subjective où il savait jouer avec l’angoisse de l’autre pour en tirer bénéfice. La phobie carabinée de sa mère lui ayant probablement ouvert les oreilles sur l’instrumentalisation qu’un sujet peut opérer sur l’autre.</strong></p>
<p><strong>Je vous livre encore brièvement un exemple qui pour moi a fait date dans ma clinique. J’étais jeune analyste et je venais de changer dans mon cabinet mon divan. J’avais installé un divan flambant neuf, marron et au pied et à la tête quelques rayures oranger. Je reçois une patiente, en travail chez moi depuis deux ou trois ans. A peine allongée elle lance à la cantonade une bordée d’interjections sur le choix, le confort, la couleur des divans et le fichu goût des analystes. Je laisse passer et quand elle commence à me chauffer les oreilles je lui lance un « et quoi d’autre », qui un instant lui coupe le sifflet, mais très vite elle se remet à son travail là où elle avait laissé les choses la séance précédente. Salutations.</strong></p>
<p><strong> La séance suivante, c’est moi qui suis pour le coup estomaquée. Elle vient s’allonger sur le divan, dans un ensemble marron et oranger, on n’aurait pu mieux, assorti au divan. Séance, salutations.</strong></p>
<p><strong> C’est moi qui me suis précipitée chez mon contrôleur car je pigeais qu’il s’était passé là quelque chose, qui, pour moi, faisait embarras. Je lui dis ma difficulté et c’est là où j’ai entendu pour la première fois nommé ce qui s’était passé : je m’étais trouvée en face d’un acting out de ma patiente, et bien m’en avais pris de n’avoir pas pipé mot, car tout cela s’était fait à son insu et n’aurait pas été pour elle symbolisable. </strong></p>
<p><strong>Après avoir essayé d’illustrer pour nous une approche de ces questions d&#8217;actes, en vous donnant quelques exemples connus ou miens, je vais me risquer en m’appuyant sur eux à attraper les choses par un biais plus théorique et commencer par énoncer qu’un acte pose toujours, pour un sujet, la question de son rapport ou de son absence de rapport à une articulation signifiante ; un acte, çà dit comment le sujet est pris dans le signifiant.</strong></p>
<p><strong>L’acte est d’emblée pris dans le langage, articulé ou articulable – il faut pouvoir s’en dire l’auteur, en dire son pourquoi et son comment – Un acte est toujours pour un sujet l’effet de sa prise dans le signifiant  &#8212; il doit pouvoir par le langage en rendre compte.</strong></p>
<p><strong>L’acte est toujours noué à la parole.</strong></p>
<p><strong>« L’acte nous dit Lacan est en lui même la double boucle du signifiant »,. Il est fondateur du sujet, en tant que le sujet est toujours ce signifiant représenté auprès d’un autre  signifiant. Il est sujet pris dans le langage, parlêtre dit-il. Il est sujet pris dans l’acte de parler, parler ne voulant pas seulement dire prononcer des mots mais aussi prendre en compte sa parole dans son ambiguité, son équivoque et dans ses trous, et pouvoir, dans un même mouvement prendre également en compte la parole de l’autre dans sa propre ambiguité, son équivoque et dans ses propres trous.</strong></p>
<p><strong>Vous entendez combien ces tours et détours impliquent de nécessaires répétitions et c’est probablement pour cela que Lacan nous dit qu’  « il est impossible de définir un acte, autrement que sur le fondement même de la répétition ».</strong></p>
<p><strong>Freud introduit pour la première fois dans l’  « Au-delà du principe de plaisir », le concept de répétition. Il l’introduit comme un forçage pour donner son statut définitif au sujet de l’inconscient.  Cette contrainte de la répétition il l’appelle pulsion de mort.  La vie se définirait comme l’ensemble des forces où se signifie que la mort serait pour la vie son rail, son sens. Le mécanisme de la répétition serait donc ce qui conduit un sujet le plus rapidement possible à sa mort. Son principe directeur  unirait l’identique avec du différent, croyant voir dans ce différent, de l’identique. Quelque chose de différent viendrait à s’inscrire pour un sujet sur le mode de l’identique, avec le poinçon de la première fois.</strong></p>
<p><strong>C’est le trait unaire qui joue le rôle de repère symbolique de ce un comptable. ex : Comment rendre compte  du « je préfère planer » de mon patient ? Je vous en livre une des lectures :  pourquoi me mettre dans le monde de la bagarre phallique alors que je ne suis pas sans savoir que la mauvaise foi de l’Autre me tient à l’écart des échanges symboliques qui régissent le monde humain ?</strong></p>
<p><strong>Ou encore : comment me lancer dans la conquête de l’Autre sexe alors que je ne sais pas où et à quoi me soutenir de ma place d’homme ? Comment me compter comme un quand pour l’Autre je ne compte pas ? </strong></p>
<p><strong>Ce un basal, ce un comptable, ne s’instaure que de la répétition elle-même. De l’insistance de la répétition où pour l’autre je comptais ou ne comptais pas.</strong></p>
<p><strong>Mais nous avons ici quelque chose de plus à repérer dans la mise en place du mécanisme de la répétition. Une situation, pour qu’elle puisse se croire fondée de se répéter, donc de se repérer par le sujet comme identique, cette situation implique des coordonnées d’identité signifiante qui viennent pour le sujet à fonctionner comme signe de ce qui doit être répété. Mais, se répétant elle devient situation répétée et comme telle, elle est perdue comme situation d’origine. Il y a quelque chose de forcément perdu de par le fait même de la répétition. Ce quelque chose de perdu donne le sens même de ce qui surgit sous la rubrique du refoulement.</strong></p>
<p><strong>Il est bien évident que c’est le travail de dix ans d’analyse qui a pu permettre à ma patiente allemande de se ressouvenir de ce qui était là depuis toujours mais qu’elle croyait ne pas savoir. Par quel tissage de son discours ce souvenir a-t-il été raccroché ?</strong></p>
<p><strong> Il n’est pas sans intérêt d’apprendre qu’entre temps elle était elle-même devenue mère d’une petite fille qu’elle avait dû accoucher par césarienne parce qu’  « elle ne voulait pas accoucher comme sa mère ». Elle n’a pas été sans entendre ce qu’elle disait, parce que sa deuxième petite fille, quelques années après avoir commencé son analyse, elle l’a accouchée par les voies basses et sans aucun problème ni pour elle ni pour l’enfant.</strong></p>
<p><strong>Ici aussi se posait pour elle la question de « comment mettre bas ».</strong></p>
<p><strong>Cela pose toute la difficulté de comment faire advenir du différent, là où le sujet se croît dans du même. Comment faire advenir du un comptable là où l’union et la passion ne savent compter que jusqu’à 1 ?</strong></p>
<p><strong>Lacan disait qu’il fallait toujours prendre un soin extrême lorsqu’un patient se trouvait dans cette zone du «  niedercommen lassen ». Le passage à l’acte ou l’acting out n’en sont jamais très loin. Et c’est quelque chose que j’ai toujours pu vérifier dans ma pratique.</strong></p>
<p><strong>Constatons donc que c’est dans un même mouvement que se met en place pour un sujet,  et le forçage du mécanisme de la répétition – forçage qui est dû à l’erreur du sujet de considérer comme du même ce qui est différent &#8212; et ce qui en découle du fait de la perte qu’elle inclut, soit le refoulement.</strong></p>
<p><strong>Cette même question du forçage nous la retrouvons aussi dans le déclenchement du passage à l’acte et de l’acting out. Mais dans le cas de l’instauration de la répétition, le forçage est celui du sujet qui se trompe en identifiant à une fois première les situations qu’il croit repérer comme identiques. C’est donc un acte du sujet. En est-il de même pour le passage à l’acte et l’acting out ?</strong></p>
<p><strong>Dans le passage à l’acte et dans l’acting out, les exemples que je vous ai cités nous le montrent :  le forçage vient de l’Autre.</strong></p>
<p><strong>C’est parce qu’il trouve la porte fermée à clé que le jeune patient s’éjecte par la fenêtre.</strong></p>
<p><strong>C’est parce qu’elle a assisté au viol de sa mère que la jeune enfant se précipite sous les roues du char.</strong></p>
<p><strong>Il est intéressant de noter que ce forçage venu de l’Autre, entraîne pour le sujet un acte automatique dont lui même est absenté.</strong></p>
<p><strong>C’est parce que j’ai tenté de poser une loi symbolique à sa mère que le jeune gamin va découper mon tapis. Là, le passage à l’acte se fait, dans un calcul, mal intentionné à mon endroit, mais réparateur pour la mère. Son passage à l’acte vise  mon intervention qui avait pour but de poser un interdit sur sa jouissance, alors que cet interdit, sa mère ne l’avait pas posé. De quoi est-ce que je me mêlais ? C’était de sa part, la réponse du berger à la bergère et il n’est pas exclu, qu’interrogé, il aurait su lui, pourquoi il avait fait cet acte, même s’il avait pris le parti de se taire.</strong></p>
<p><strong> Evidemment je faisais un forçage et d’une certaine façon, je ne l’avais pas volé, qu’il découpe mon tapis. Mais comment aurais-je pu soutenir mon acte d’analyste si je n’avais pas pris ce risque de dire qu’il y a certaines choses, qui, si on les prend à la légère, ne sont pas sans conséquences dans une organisation subjective ? Ca pouvait légitimement n’être pas à son goût. D’où il s’illustre que lorsqu’on fait un acte on ne peut pas s savoir ni où ni comment çà va répondre. </strong></p>
<p><strong> Affaire de style, bien sûr, chaque analyste a le sien.</strong></p>
<p><strong>Pour l’acting out également je reprendrais cette question du forçage.</strong></p>
<p><strong> La patiente de Breuer que montre –t- elle avec ce ventre enceint de son désir méconnu ? Sinon qu’elle a été par la conduite de Breuer éjectée de la position d’objet cause du désir qu’elle avait représenté pour  cet homme ? et pour pouvoir supporter cette place d’éjection que montre-t-elle sinon son désir inconscient d’avoir été traitée par lui, comme lui même avait traité sa femme en lui faisant un enfant ? </strong></p>
<p><strong>Et que montre notre jeune homosexuelle lorsqu’elle se promène avec sa dame sous les fenêtres du bureau de son père ? et que lui dit-elle dans sa monstration, si ce n’est qu’elle peut se mourir d’amour et sans contre partie, et donner par cet amour à cette catin qu’elle vénère, la place que son père ne lui a pas, à elle, donnée : celle d’être reconnue par lui comme une jeune femme désirable, certes, mais surtout désirante.</strong></p>
<p><strong>Dans l’acte nous dit Lacan, un sujet n’en existe pas moins comme divisé. Nous pouvons ici mesurer la différence entre un point d’acte, où le sujet pour divisé qu’il soit, n’en n’assume pas moins les conséquences de ce qu’il a mis en œuvre. Ex  Même si son acte lui demeure incompréhensible, ma patiente reconnaît s’être jetée sous les roues du char. Elle conçoit, dans l’après-coup, et après tout ce temps d’analyse, qu’un lien ait pu exister pour elle entre ce qu’elle a vu et ce qu’elle a fait. </strong></p>
<p><strong>Mais dans le temps du passage à l’acte la division subjective n’était pas opérante parce que l’acte s’est fait sur un mode automatique : se précipiter.</strong></p>
<p><strong>De même, le jeune adolescent, lorsque, enfant il a vu que la porte était fermée, il est sorti par la fenêtre.</strong></p>
<p><strong>Dans ces deux cas, le terme même de T.S. est récusable, bien que la mort réelle  du sujet aurait pu s’ensuivre, car dans cet acte le sujet n’y était pas.</strong></p>
<p><strong>Mais plus qu’à la définition même de l’acte, Lacan se préoccupe des suites que cet acte entraîne dans les mutations mêmes du sujet. Un acte c’est ce qui rend un sujet autre que ce qu’il était. Un acte peut évidemment changer tout le cours d’une vie.</strong></p>
<p><strong>Toujours à propos de l’acte j’aimerais relever un autre élément dont il n’est pas aisé de mesurer l’importance clinique. Il s’agit du type de négation opérant dans la notion d’acte. Lacan souligne qu’il  s’y agit toujours de déni, de Verleugnung. « Le déni est toujours ce qui a affaire à l’ambiguïté qui résulte des effets de l’acte comme tels ».</strong></p>
<p><strong>Vous avez pu constater que dans tous les actes que je vous ai cités, dans aucun d’entre eux,  il n’y a eu, une acceptation, une reconnaissance de l’acte sans embarras. D’une quelconque façon, ou  le sujet n’y était pas, ou il  s’y reconnaissait peut-être, ou était dans un démenti total par rapport à lui.</strong></p>
<p><strong>Qu’il s’agisse dans l’acte, du même mode de négation que celui opérant spécifiquement dans la perversion  nous renvoie à la double difficulté inhérente à tout acte. A savoir qu’il pose un avant et un après, mais aussi qu’ il nous oblige à la question de savoir si un acte n’est pas toujours lié à la question de l’objet  et de l’aliénation du sujet. Quand j’avance la question de l’objet j’entends, de l’objet tel que nous le rencontrons en psychanalyse, c’est-à-dire, l’objet a, cause du désir.</strong></p>
<p><strong>Et puisque les points d’acte sont au carrefour de ce qui est symbolisable ou pas pour un sujet, nous devons interroger à chaque fois, le rapport de ce point d’acte et à un énoncé et à une énonciation, comme possible ou impossible, avec les conséquences que cela  entraînent. Nous entendons par là que la question de l’acte concerne tout le rapport du sujet à la parole et au langage.</strong></p>
<p><strong>Que le sujet se trouve porté par cette division subjective et nous serons dans les aléas d’une parole, certes embarrassée, mais capitonnée. Mais que le sujet en soit délesté et nous le trouverons comme la proie des signifiants déchaînés, en un discours courant dont lui-même est exclu puisque comme sujet il n’y est pas advenu.</strong></p>
<p><strong>Lorsque Lacan nous parle de l’acting out comme « d’un équivalent psychotique », il dit dans sa leçon du 11 Janvier 56 « l’acting out est un équivalent de type hallucinatoire, délirant » qu’est-ce que cela implique ?</strong></p>
<p><strong>Un court-circuit du capitonnage qui laisse le sujet sans mots, c’est-à-dire dans l’impossibilité de se compter comme sujet dans une assomption énonciatrice ? Probablement, notons alors que cette fonction a été antérieurement opérante pour ce sujet  même si ponctuellement, elle ne l’est plus.</strong></p>
<p><strong>Cela nous conduit à constater que tous les cas princeps cités d’acting out sont tous référés à des cas de névrose Dora, la jeune homosexuelle, la patiente entre Breuer et Freud, le patient de E. Kriss –celui qui allait raconter à  son analyste qu’à la fin de ses séances il allait manger son plat préféré : des cervelles fraîches – ou ma patiente au tailleur marron.</strong></p>
<p><strong>Dans l’acting out comme équivalent psychotique le sujet se trouve être le siège d’une conduite inconsciente qui lui échappe complètement, qui lui est indialectisable, conduite dont il ne saurait rendre compte, sauf à en rajouter.</strong></p>
<p><strong>Il ne s’y agit pas d’une méconnaissance qui dans le transfert pourrait s’analyser et se résoudre par la levée du refoulement.</strong></p>
<p><strong>Il ne s’y agit pas non plus d’une forclusion dans la mesure où dans d’autres situations ce même sujet reste soumis à la castration. Il s’y agit d’une pseudo castration entraînant une conduite pseudo délirante, comme dans un délire ou dans un néologisme, où le sujet est ponctuellement incapable de rendre compte  ce qu’il  agit.</strong></p>
<p><strong>Alors, qu’est-ce qui, dans l’organisation psychique, pousse un sujet à dénier l’acte qu’il vient de faire ? Qu’est-ce qui fait que, de cet acte  il puisse être ou en partie ou totalement exclu ?</strong></p>
<p><strong>C’est ici que se pose la question de l’aliénation du sujet .</strong></p>
<p><strong>A quelle aliénation est soumis un sujet lorsqu’il se trouve précipité dans le passage à l’acte, ou quand dans l’acting out, il se montre sur la scène oedipienne, phallus imaginaire dévoilé, et sans en avoir lui-même la moindre conscience ?</strong></p>
<p><strong>J’ai repris brièvement la question de l’aliénation dans ce que Lacan appelle le choix forcé du sujet. Dans certaines situations, le sujet peut se trouver devant une fausse alternative qui se présente selon la loi classique du : ou bien ou bien, mais dont le choix, la décision impliquent pour lui sa vie ou sa mort. Ce n’est pas fromage ou dessert, c’est par exemple la bourse ou la vie, la liberté ou la mort.<br />
Mais c’est aussi bien, la haine dans le regard de son père et le niedercommen, pour la jeune homosexuelle, ou encore, si pas  la porte, alors la fenêtre, pour mon patient  adolescent, ou encore le viol et les roues du char pour ma jeune patiente allemande.</strong></p>
<p><strong>Nous mesurons bien que dans ces situations parler de choix  est irrecevable car le sujet se trouve subjectivement confronté à un pseudo choix : c’est parce qu’elle ne peut pas  affronter ce qu’elle lit dans le regard courroucé de son père que la jeune homosexuelle a sauté  par-dessus le parapet. Plutôt rien que çà.</strong></p>
<p><strong>C’est parce qu’il ne peut symboliser le mensonge de ses parents que le jeune adolescent s’est précipité par la fenêtre. Si pour eux je ne compte pas, à quoi je peux me raccrocher ?</strong></p>
<p><strong>Le sujet se trouve donc condamné ou à ne pas penser ou à ne pas être. Mais qu’il puisse ou penser ou être, ou ne pas penser ou ne pas être, est entièrement déterminé par le choix qui se joue pour lui dans l’inconscient, dans son assise subjective. Il ne peut inconsciemment que s’appuyer sur le fait que pour lui, se soit inscrit ou pas, un rapport à l’Autre un tant soit peu pacifié, c’est à dire un rapport au phallus et à la castration qui lui permette subjectivement de se compter comme un un, et non pas comme un objet ou un appendice accroché au corps ou au désir de l’Autre.</strong></p>
<p><strong>Du côté du «  je ne pense pas » le sujet ne consiste plus qu’en cet objet de rebut qu’il n’y a plus qu’à laisser tomber puisque que ce qui lui donnait la brillance phallique qui faisait qu’il pouvait s’en soutenir est tombé, dans la lecture qu’il fait de la place dévoilée  qu’il occupe pour l’Autre.</strong></p>
<p><strong>Vous voyez que nous sommes là dans des situations extrêmement compliquées.</strong></p>
<p><strong>L’intérêt de vous donner à entendre ce qui se passe dans ce choix forcé, c’est que nous pouvons mesurer que, dans les 2 types de choix il y a une perte obligée pour le sujet :</strong></p>
<p><strong>Qu’il choisisse de vivre alors il se condamne à ne pas penser, qu’il choisisse de penser alors c’est de sa vie dont il se sépare.</strong></p>
<p><strong>Dans les deux cas, la vérité de l’aliénation ne se montre que dans la partie perdue.</strong></p>
<p><strong>Au niveau de l’acte, il y a forcément, nécessairement, quelque chose à perdre et peut être est-ce pour cela, que faire un acte nous coûte toujours autant et que nous nous donnons constamment la possibilité de l’éviter, en nous collant à la Verleugnung, à la perversion.</strong></p>
<p><strong>Alors, tâchons d’articuler tout cela à notre question de départ :</strong></p>
<p><strong>Du côté du je ne pense pas, nous aurons un je qui va s’exclure dans le passage à l’acte . S’il n’est pas fatal, le travail de l’analyse pourra tenter de se poursuivre dans l’orientation du Wo es war, soll ich verden. Là où c’était, le çà du je ne pense pas, doit advenir le je du je ne suis pas de l’inconscient. C’est à dire que là où çà parlait comme pure parlotte, comme « saute par la fenêtre » en ce lieu doit advenir le je d’une énonciation inconsciente, où le sujet prend à sa charge ce qui se trouve être dit, avec les effets de division qui en découlent pour lui : par ex. :</strong></p>
<p><strong>J’ai le droit de penser que mes parents ont failli à la parole qu’il m’ont donnée et de savoir que cela ne sera pas sans conséquence dans notre relation à venir, et de comprendre du même coup ,qu’il n’y aura plus jamais pour moi la possibilité de croire en la parole de quiconque comme en une parole d’évangile.</strong></p>
<p><strong>Du côté de l’acting out du « je ne suis pas », nous aurons un je exclu de son rapport à l’être, au phallus et cela se traduira par une monstration sans sujet : Je promène et sans que je le sache mon ventre gros, de mon désir d’enfant de cet homme qui ne peut l’assumer.</strong></p>
<p><strong>Je dis à mon analyste en lui racontant mon repas, que de cervelle fraîche, il en faudrait un peu plus dans ses interprétations,</strong></p>
<p><strong>Je montre, sans le savoir, dans mon tailleur marron la rivalité que je ne peux assumer dans les mots dans mon identification à l’analyste, mais aussi, le désir que je ne peux pas dire, que je saurais infiniment mieux qu’elle, quoi ? décorer bien sûr, </strong></p>
<p><strong>Ce n’est que dans l’après coup de l’analyse que le patient pourra ou non y revenir et tenter d’en produire une dialectisation  en assumant la division subjective qu’alors il ne pouvait affronter.</strong></p>
<p><strong>Nous constatons, que dans ces 2 cas d’aliénation du sujet , passage à l’acte et acting out, ce qui conditionne cette aliénation, c’est l’élimination fut –elle ponctuelle, du grand Autre. Etre aliéné c’est être hors du seuil.</strong></p>
<p><strong>L’élimination de l’Autre veut dire ici qu’il n’y a plus de discours phalliquement orienté, hors du seuil, qu’il n’y a plus rien d’assumable pour le sujet concerné.</strong></p>
<p><strong>Nous comprenons mieux, comme analyste, pourquoi dans l’acting out notre liberté de manœuvre est extrêmement réduite soit,  permettre un lieu pour qu’une parole se tienne même si déplacée, dans tous les sens du termes, puisqu’il s’y agit et du phallus toujours incongru et d’une parole à côté.</strong></p>
<p><strong>Dans le passage à l’acte, l’automaticité et la rapidité de l’acte semblent rendre même impossible, dans le temps de l’acte, toute action thérapeutique. C’est seulement quand l’issue n’a pas été fatale que les lignes qui le sous-tendent peuvent s’en reprendre.</strong></p>
<p><strong>Ainsi ce que j’ai tenté de donner à entendre au gamin qui avait découpé mon tapis.</strong></p>
<p><strong> C’est après des années de travail que ma patiente a pu accoucher « comme sa mère ».</strong></p>
<p><strong>Comme j’espère vous l’avoir donné à entendre c’est tout le champ de notre clinique qui est concerné par cette question de l’acte, j’espère donc seulement nous avoir ouvert quelques avenues pour la suite de nos réflexions et je vous remercie de votre attention. </strong></p>
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		<title>À propos du film « Tom boy », quelques questions, par Rafaëlle Bernard</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Sep 2011 13:17:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NW</dc:creator>
				<category><![CDATA[Verbatim]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[phallus]]></category>
		<category><![CDATA[sexuation]]></category>

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		<description><![CDATA[À propos du film « Tomboy* » où une petite fille d’une dizaine d’année se fait passer pour un garçon, à son arrivée dans une nouvelle résidence.
De ce qui se joue du phallus lorsque le genre est en question chez une petite fille… 
D’emblée je proposerai de vaciller autour de ce « qui se joue » : entendre ce qui se joue…comme au théâtre, ou plus sérieusement du côté de l’enjeu ? Mais aussi un peu comme un « je me joue de toi, petit bonhomme… »
Je ferai tout dans le désordre, puisque c’est la panique au tableau de la sexuation… <a class="more-link" href="http://www.ali-provence.com/2011/09/a-propos-du-film-%c2%ab-tom-boy-%c2%bb-quelques-questions-par-rafaelle-bernard/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À propos du film « Tomboy* » où une petite fille d’une dizaine d’année se fait passer pour un garçon, à son arrivée dans une nouvelle résidence.</p>
<p>De ce qui se joue du phallus lorsque le genre est en question chez une petite fille…</p>
<p>D’emblée je proposerai de vaciller autour de ce « qui se joue » : entendre ce qui se joue…comme au théâtre, ou plus sérieusement du côté de l’enjeu ? Mais aussi un peu comme un « je me joue de toi, petit bonhomme… »</p>
<p>Je ferai tout dans le désordre, puisque c’est la panique au tableau de la sexuation…Commençons donc par la chute, qui m’a semblé la plus remarquable, le dénouement (!). Vers la fin du film, la supercherie est découverte, bien sûr. Il faut alors à cette enfant supporter la révélation aux yeux de tous de son identité de fille. Elle va passer un moment manifestement pénible, humiliée par et devant le groupe de garçons dans lequel elle s’était faite admettre. Un moment de brutalité de la part de ces petits hommes incrédules devant cette fille qui a osé venir marcher sur leurs plates-bandes…Mais de ce fait aussi sec elle ne compte plus…Passé ce moment violent, pffuit, éliminée, « c’est rien qu’une fille ». Et Laure, du coup, pourra leur tourner le dos, il n’en restera pas grand-chose. A moins que ne compte cette blessure d’avoir été si facilement exilée, mais il semble que ce pourrait être quelque chose d’une grande règle du jeu que Laure serait à même d’admettre.</p>
<p>Une réflexion m’était apparue comme une évidence à la sortie du cinéma : à condition que Laure ait les moyens, et cela ne semble pas exclu, au fond, de renoncer sans trop de dégâts à la tentation d’être toute de ce côté-là, si elle choisit finalement le côté « fille », alors on peut dire qu’elle en était déjà indemne, de cette affaire…Tout simplement parce qu’ « elle ne l’a pas », qu’elle le savait quelque part fort bien, et que par conséquent elle n’avait « rien à perdre », ce qui explique peut-être l’excellence de sa  prestation de garçon. C’est si flagrant que sa petite copine, celle-là même qui était si séduite par « Laure-Michaël », et qui se sent un moment flouée à la découverte de « Laure-Laure », me semble reconnaître elle aussi cette force-là, (celle de « ne pas l’avoir » et de ce fait de « pouvoir s’en passer etc… »), en elle-même comme en Laure-Laure. Elle revient vers cette dernière, capable de complicité. Presque elle serait capable, si jeune, de s’avouer clairement que c’était Laure qui l’attirait en Michaël, la faisant se sentir comme qui dirait en terrain ami…Du côté des petits mecs, pré-pré-ados, il en va tout autrement, car  ce avec quoi Laure s’est permis de jouer, c’est plus qu’important, c’est majeur, c’est constitutif. On ne plaisante pas avec le phallus. C’est du sérieux. Faut que ça tienne. D’ailleurs, qu’on puisse jouer avec ça, ça les dépasse, tout simplement, et ils s’en détournent.</p>
<p>Voilà un premier point, mais ce qui reste ensuite c’est la question posée par Laure, et les racines de cette question que l’on peut interroger à la lumière de ce qui est donné à voir de son histoire familiale. Car ce film propose un schéma qui à mon avis appelle des commentaires. Dans ce schéma la mère est une grande femme blonde, nordique et androgyne. Le père, lui, est brun, chaud, plus enveloppant, plus méditerranéen, plus féminin, dirais-je d’emblée. La petite sœur de Laure, Jeanne, ronde et sensuelle, aux longs cheveux bruns, a aussi l’œil humide de son père, c’est déjà une petite femme, elle sait déjà tout du costume à endosser pour faire la femme. Laure, elle, « tient de sa mère », blonde et androgyne comme elle. Il y a ainsi une donne inscrite dans la dualité dans cette famille. Ça marche par paires et le couple parental en est comme effacé. La tentation est forte d’y noter la faiblesse d’une instance tierce qui viendrait remettre de l’ordre dans tout ça. Elle pointe toutefois le bout de son nez par l’intermédiaire du 5<sup>ème</sup> membre de la famille qui arrive, puisque le petit frère nait vers la fin du film. Il me semble vraiment avoir pour rôle celui de l’ordonnateur, petit trait Unaire en puissance…Dans la métaphore du film bien entendu.</p>
<p>Alors avec quoi Laure est-elle aux prises ? La place d’ainée, possiblement occupée par tant de fantasmes parentaux ? On ne peut s’empêcher de penser que s’y joue en grande partie l’énigme de ce couple où les attributs de genre semblent si curieusement distribués, presque inversés, y compris dans ce moment de maternité (point particulier à reprendre). Laure règle ça dans son corps même. A la faveur d’une transplantation de lieu…Peut-être parce que lorsque les racines s’arrachent et qu’il faut s’implanter ailleurs, on retourne pour une part de soi aux premiers stades embryonnaires…Quelque chose peut se re-jouer; il y a ce possible, et Laure va proposer une nouvelle mise en scène dans ce théâtre de marionnettes que les enfants voient les adultes jouer.</p>
<p>Elle va mettre en scène ce physique si lisse, si incertain, et ce corps non encore marqué par la puberté. Plus facile d’être un garçon, semble-t-il, même s’il faut se jeter dans la mêlée, voire se battre, suffit de fermer les yeux dira-t-elle. Alors que maquillée, c’est un petit clown fragile, elle n’est pas à l’aise avec les oripeaux de la féminité…</p>
<p>Revenons sur ce « Laure tient de sa mère » ; que tient-elle ? Se trouve-t-elle mise par sa mère à une place phallique ? Peut-on se trouver « désigné » par un dire inconscient de la mère à devoir tenir cela ? Son père semble entériner cet état de fait, témoin la scène où il lui apprend à conduire…Comment est-il question ici de la castration ? Celle de la mère ? Mère de qui émane par ailleurs une sorte de tristesse troublante. Simple fatigue de fin de grossesse, du déménagement ? Ou bien autre chose ? Cela restera mystérieux. Mais au moment de la découverte de la mise en scène de Laure, c’est elle qui va agir, sans prendre le temps de consulter son mari, et avec une certaine brutalité. Une attitude masculine, directe, visant avant tout l’efficacité. Il faut tout dire, et clarifier les choses au plus vite, pour ne pas rendre un peu plus tard la situation ingérable. Même si sa position peut se justifier, il manquera le temps de l’écoute. On peut se dire qu’elle aussi règle là quelque chose. Elle tranche dans le vif. Tranchant alors le cou aux interrogations de sa fille sans les affronter…Se joue-t-il quelque chose d’un évitement de la castration ? Ce qu’elle dit à sa fille c’est « ça ne me dérange pas que tu joues au garçon » Est-ce innocent ? Est-ce cela que cette petite fille a besoin d’entendre ? A quoi Laure peut-elle alors se référer pour faire la femme ? Met-elle en scène cette absence ? Cette absence chez le modèle maternel du jeu avec les attributs de la féminité, absence aussi de discours sur cette question ? De cette absence Laure fait-elle un manque ? Elle bouche le trou avec une naïveté maladroite et touchante, allant jusqu’à porter un faux pénis en pâte à modeler. Laure modèle, par manque de modèle, un, une micha-elle… provoquant au final un petit scandale qui montre à quel point elle a besoin que quelque chose soit dit de cette affaire de sexuation qui ne va pas toujours de soi.</p>
<p>Mai 2011</p>
<p>*<em>Un </em><em>film de Céline Sciamma</em></p>
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		<title>Quand on demande aux cliniciens « d’exposer » des « cas cliniques » pour rendre compte de leur pratique auprès des financeurs… par Patricia Martineau</title>
		<link>http://www.ali-provence.com/2011/09/quand-on-demande-aux-cliniciens-%c2%ab-d%e2%80%99exposer-%c2%bb-des-%c2%ab-cas-cliniques-%c2%bb-pour-rendre-compte-de-leur-pratique-aupres-des-financeurs%e2%80%a6-par-patricia-martineau/</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Sep 2011 16:38:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NW</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribune]]></category>
		<category><![CDATA[clinique]]></category>
		<category><![CDATA[financeurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Rendre compte d’une activité, assurément ce n’est pas de cela que relève la clinique. Il s’agit davantage de venir témoigner d’une pratique auprès de nos patients. Etant devenu un CSAPA nous sommes donc sensés « prendre en charge» toute personne addictée. Sans doute serait-il opportun de nous arrêter sur ce terme employé à tout va et par tout le monde. Petit retour sur le terme addiction. En droit médiéval inspiré du droit romain, l’addiction est une contrainte par le corps d’une personne qui se trouvant dans l’impossibilité de s’acquitter d’une dette, est alors mise par le juge à la disposition du plaignant .Ici la dimension du corps est prévalente, à savoir que l’addiction implique une contrainte par le corps.et un rapport à l’objet en continu. A ce sujet rappelons à propos des addictions dites sans substance, notamment à internet ou aux jeux en réseau et autres, qu’elles sont à différencier des autres addictions dans la mesure où dans ce cas le corps est hors circuit, c&#8217;est-à-dire n’est pas contraint. Il y a une spécificité des addictions que nous perdons de vue en tant que soignants en admettant que nous recevons des « usagers » de produits divers et variés, usagers de drogues notamment, &#8230; <a class="more-link" href="http://www.ali-provence.com/2011/09/quand-on-demande-aux-cliniciens-%c2%ab-d%e2%80%99exposer-%c2%bb-des-%c2%ab-cas-cliniques-%c2%bb-pour-rendre-compte-de-leur-pratique-aupres-des-financeurs%e2%80%a6-par-patricia-martineau/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rendre compte d’une activité, assurément ce n’est pas de cela que relève la clinique. Il s’agit davantage de venir témoigner d’une pratique auprès de nos patients. Etant devenu un CSAPA nous sommes donc sensés « prendre en charge» toute personne addictée. Sans doute serait-il opportun de nous arrêter sur ce terme employé à tout va et par tout le monde. Petit retour sur le terme addiction. En droit médiéval inspiré du droit romain, l’addiction est une contrainte par le corps d’une personne qui se trouvant dans l’impossibilité de s’acquitter d’une dette, est alors mise par le juge à la disposition du plaignant .Ici la dimension du corps est prévalente, à savoir que l’addiction implique une contrainte par le corps.et un rapport à l’objet en continu. A ce sujet rappelons à propos des addictions dites sans substance, notamment à internet ou aux jeux en réseau et autres, qu’elles sont à différencier des autres addictions dans la mesure où dans ce cas le corps est hors circuit, c&#8217;est-à-dire n’est pas contraint. Il y a une spécificité des addictions que nous perdons de vue en tant que soignants en admettant que nous recevons des « usagers » de produits divers et variés, usagers de drogues notamment, mais là encore pourquoi ne serions-nous pas tous des usagers ? Des usagers des transports en communs, des usagers de l’alcool…. ? Sur quoi allons-nous fonder notre clinique ? Pourquoi ne serions-nous pas tous addictés, en quoi et de quelle place enseignerions nous à nos patients « le bon usage » du produit là où il serait nécessaire qu’ils lâchent l’objet afin d’introduire la dimension du manque.</p>
<p>Repérage. Le petit d’homme au début ne peut qu’être dépendant, totalement dépendant de sa mère ou de toute autre personne qui s’y substitue. Il lui est même fondamentalement aliéné. <strong><em>« (…) dans la relation primitive de l’enfant avec sa mère, la frustration en elle-même n’est pensable que comme le refus du don en tant qu’il est lui-même symbole de quelque chose qui s’appelle l’amour ».<a href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a></em></strong><strong> </strong>La mère est pour l’enfant « puissance de don ». Par exemple, l’objet de la succion, le sein,  quant à ce dernier, aucune nourriture ne peut « satisfaire » la demande du sein. Il devient alors plus précieux au sujet que la satisfaction même de son besoin, dès lors que cette satisfaction ne se voit pas menacée. La condition de l’existence du sujet est la perte d’un possible. Il y a toujours un manque du fait que nous sommes vivants. La faille du sujet ne peut jamais être comblée et plus on tend à l’emplir plus le vide se fait ressentir. Si le lait de la mère nourrit l’enfant, il échoue à  assurer la présence de la mère. Ceci relève du nouage des registres réel, symbolique et imaginaire. Le petit d’homme est avant toute chose serf du langage telle est sa dépendance originelle, il est un parlêtre. La relation à l’objet n’est pas immédiate et ce par le simple fait que le sujet est un être parlant. La jouissance n’a pas à voir avec les aléas divers du plaisir, elle concerne le désir inconscient. Elle ne peut être conçue comme la satisfaction d’un besoin apportée par un objet qui le comblerait. Ainsi L’addiction -s’adonner à &#8211; témoigne d’une contrainte par le corps, d’où le danger d’y associer une liste d’objets ou de situations infinies. C’est pourquoi la psychanalyse va s’intéresser à la relation, au rapport au produit plutôt qu’à la liste des objets. Car « peu importe le produit pourvu qu’on ait l’ivresse » ! Ceci nous permet d’aborder la question de la Jouissance. Celle de l’alcoolique comme du toxicomane est Autre, il n’est pas question  de la jouissance phallique. Mais avec l’alcool de retrouver toujours de manière assurée une jouissance toujours à portée de main. « À chaque fois ça marche ». La seule chose qui échoue, qui échappe, c’est l’ivresse, celle du début, puisqu’elle ne peut plus être atteinte, mais peu importe, la quête se poursuit. Car ceci est toujours plus assuré pour l’alcoolique que de se risquer à s’engager dans une relation sexuelle avec un autre. La question de la sexualité demeure inexorablement évincée, évitée, même souvent après les années d’abstinence. En ce qui concerne le toxicomane, de quoi jouit-il ? Certains utilisent le terme de « jouissance de la seringue ». Terme impropre pour qui a une oreille suffisamment aiguisée pour entendre ce dont il est question. Lorsque le toxicomane fait part de sa jouissance, il nous le dit ; il jouit « de se faire un trou ». Curieuse affaire qui la encore nous amène, devrait nous amener en tout cas à ce que le réel au début de la vie doit être troué, et que ce qui va venir border ce trou est le corpus des signifiants, le nouage du symbolique au réel du corps.</p>
<p>Alors, nous pouvons toujours nous féliciter de prendre en charge « toutes » les addictions, dans une position de toute-puissance, en ce qui me concerne, l’exercice de ma pratique clinique que ce soit lors d’entretiens téléphoniques, d’accueil avec ou sans rendez-vous, de soutien psychologique voire de psychothérapie n’est guidée que par un seul fil éthique <strong><em>« La psychanalyse guérit de l’ignorance mais pas de la connerie » </em></strong>Ainsi que Jacques Lacan l’avançait. Et ce afin que peut-être chaque patient puisse trouver non seulement sa vérité de sujet, mais aussi la voie de son désir.</p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Jacques LACAN in Le Séminaire Livre IV « La relation d’objet » Ed du Seuil.</p>
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		<title>A corps, discords : journée d’étude &#171;&#160;Droit &amp; psychanalyse&#160;&#187;, le 8 octobre 2011</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Sep 2011 17:28:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NW</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rendez-vous]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
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		<category><![CDATA[LOPPSI 2]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse]]></category>

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		<description><![CDATA[à corps, discords Parc Chanot – Palais des Congrès de Marseille – Salle « Endoume » Samedi 8 octobre 2011 9 h 00 – 12 h 30 – 14 h 30 – 17 h 30 Journée d’étude du Département de Psychanalyse et Travail Social de l’ALI-Provence Cercle d’Etude et de Recherche « Droit &#38; Psychanalyse » Actuellement, les lois qui traitent du corps en cherchant à suivre l’évolution des mœurs se multiplient : lois de bioéthique, lois sur les violences conjugales, vidéosurveillance au regard de la loi LOPPSI 2, etc. S’y ajoutent des questions qui font débats, dits de sociétés et qui renvoient à l’éthique : gestation pour autrui, changement de sexe, vente d’ovules, aidants-sexuels… Au regard de leurs champs d’exercice respectifs, des juristes et des psychanalystes se proposent d’interroger ce qui se présente comme une nécessaire mise en conformité du droit due au progrès culturel. Responsables : Edmonde Luttringer, psychanalyste, présidente de l’ALI-Provence (Marseille) Jean-Pierre Gasnier, avocat au Barreau de Marseille, professeur associé Université Paul Cézanne, membre de l’ALI (Marseille) Elisabeth La Selve, psychanalyste, membre de l’ALI (Marseille) Avec la participation de : Julien Anderson, avocat au Barreau de Marseille Pascale Belot-Fourcade, psychiatre, psychanalyste, membre de l’ALI (Paris) Jocelyne Cayron, maître de conférences, Université Paul Cézanne. &#8230; <a class="more-link" href="http://www.ali-provence.com/2011/09/a-corps-discords-journee-d%e2%80%99etude-droit-psychanalyse-le-8-octobre-2011/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><strong></strong><strong><a href="http://www.ali-provence.com/wp-content/uploads/2011/09/à-corps-discords-journée-du-8-octobre-écran.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-353" title="à-corps,-discords,-journée-du-8-octobre-(écran)" src="http://www.ali-provence.com/wp-content/uploads/2011/09/à-corps-discords-journée-du-8-octobre-écran-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a>à corps, discords</strong></h2>
<p><strong>Parc Chanot – Palais des Congrès de Marseille – Salle « Endoume »</strong><strong><br />
Samedi 8 octobre 2011</strong><br />
9 h 00 – 12 h 30 – 14 h 30 – 17 h 30<strong><br />
Journée d’étude du Département de Psychanalyse et Travail Social de l’ALI-Provence</strong><strong><br />
Cercle d’Etude et de Recherche « Droit &amp; Psychanalyse »</strong></p>
<p>Actuellement, les lois qui traitent du corps en cherchant à suivre   l’évolution des mœurs se multiplient : lois de bioéthique, lois sur les   violences conjugales, vidéosurveillance au regard de la loi LOPPSI 2,   etc. S’y ajoutent des questions qui font débats, dits de sociétés et qui   renvoient à l’éthique : gestation pour autrui, changement de sexe,   vente d’ovules, aidants-sexuels…<br />
Au regard de leurs champs  d’exercice respectifs, des juristes et des  psychanalystes se proposent  d’interroger ce qui se présente comme une  nécessaire mise en conformité  du droit due au progrès culturel.</p>
<p>Responsables :<br />
<strong>Edmonde Luttringer</strong>, psychanalyste, présidente de l’ALI-Provence (Marseille)<br />
<strong>Jean-Pierre Gasnier</strong>, avocat au Barreau de Marseille, professeur associé Université Paul Cézanne, membre de l’ALI (Marseille)<br />
<strong>Elisabeth La Selve</strong>, psychanalyste, membre de l’ALI (Marseille)</p>
<p>Avec la participation de :<br />
<strong>Julien Anderson</strong>, avocat au Barreau de Marseille<br />
<strong>Pascale Belot-Fourcade</strong>, psychiatre, psychanalyste, membre de l’ALI (Paris)<strong><br />
</strong><strong>Jocelyne Cayron</strong>, maître de conférences, Université Paul Cézanne.<strong><br />
Bernard Edelman</strong>, avocat au Barreau de Paris, philosophe<br />
<strong>Jean-Paul Hiltenbrand</strong>, psychiatre, psychanalyste, membre de l’ALI (Grenoble)<br />
<strong></strong><strong>Jean-Pierre Rumen</strong>, psychiatre, psychanalyste, membre de l’ALI (Ajaccio)<br />
<strong>Jean-Pierre Lebrun</strong>, psychiatre, psychanalyste, membre de l’ALI (Belgique)<br />
<strong></strong><strong>Olivier Tholozan</strong>, maître de conférences, Université Paul Cézanne</p>
<p>Télécharger le PDF : <a href="http://www.ali-provence.com/wp-content/uploads/2011/09/Programme-journée-8-octobre.pdf">Programme journée 8 octobre</a>.<br />
<strong></strong><br />
<strong>Inscription préalable</strong> <strong>par mail</strong> auprès de la secrétaire de l’ALI-Provence :<br />
Madame de Carmejane, <a href="mailto:elsa.decarmejane@wanadoo.fr">elsa.decarmejane@wanadoo.fr<br />
</a><strong>Tarif</strong> : 25€, Règlement sur place – gratuit pour les étudiants sur présentation de la carte</p>
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		<title>Bienvenue sur le site de l&#8217;ALI-Provence</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Sep 2011 06:31:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ali-provence</dc:creator>
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		<category><![CDATA[ALI]]></category>
		<category><![CDATA[ALI-Provence]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://ali-provence.com/" target="_blank">ali-provence.com</a> est le site de l’Association Lacanienne Internationale, école de Provence, école régionale de l’ALI (<a href="http://freud-lacan.com/" target="_blank">freud-lacan.com</a>). 
L’ALI-Provence est une association loi 1901 créée en 1995 par Edmonde Luttringer-Salducci, qui en est la présidente. 
Le siège est au 87, rue Marengo à Marseille (04 91 48 24 95). 
Le secrétariat est assuré par Elsa de Carmejane (06 17 35 80 87 - 
<a href="mailto:elsa.decarmejane@wanadoo.fr" target="_blank">elsa.decarmejane@wanadoo.fr</a>). 
Le présent site est sous la responsabilité de Mme Luttringer-Salducci.</p> <a class="more-link" href="http://www.ali-provence.com/2011/09/bien/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://ali-provence.com/" target="_blank">ali-provence.com</a> est le site de l’Association Lacanienne Internationale, école de Provence, école régionale de l’ALI (<a href="http://freud-lacan.com/" target="_blank">freud-lacan.com</a>).<br />
L’ALI-Provence est une association loi 1901 créée en 1995 par Edmonde Luttringer-Salducci, qui en est la présidente.<br />
Le siège est au 87, rue Marengo à Marseille (04 91 48 24 95).<br />
Le secrétariat est assuré par Elsa de Carmejane (06 17 35 80 87 -<br />
<a href="mailto:elsa.decarmejane@wanadoo.fr" target="_blank">elsa.decarmejane@wanadoo.fr</a>).<br />
Le présent site est sous la responsabilité de Mme Luttringer-Salducci.</p>
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