Patricia Le Coat Kreissig – L’homme est-il encore l’avenir de la femme ? « Combien y a-t-il des sexes ? »

Montpellier 06 Octobre 2018

Association Lacanienne Internationale Languedoc-Roussillon

Voilà un titre provocateur que j’ai trouvé dans une revue du CNRS, les cahiers des sciences.

L’auteur de l’article, Philippe Testard-Vaillant résume la situation avec les mots suivants :

La question des tests de féminité agite régulièrement les grandes manifestations sportives comme les jeux olympiques. Mais comment définit-on le sexe biologique ? Et combien y a-t-il de sexes ?

Enfin la question : Qu’est-ce qu’une vraie femme, biologiquement parlant ? Cela ne se résume certainement pas à la forme génétique XX …et…arrive enfin la question des hormones !

Pour courir parmi les femmes le taux d’androgènes, testostérone doit être inférieur à une certaine limite. L’intersexuation concernerait 1 à 2 % des naissances.

Il s’agit là de personnes qui ne répondent ni aux critères femelles (deux chromosomes X, des ovaires, une anatomie favorisant les grossesses et le développement fœtal, une poitrine …), ni à la forme mâle (un chromosome X et un Y, un pénis et des testicules, des canaux internes chargés d’assurer le transport de l’urine et du sperme …)

La diversité du développement sexué et des formules atypiques est frappante, que celles-ci soient d’origine chromosomique, hormonale ou environnementale. (l’auteur a omis la possibilité d’une origine chirurgicale) Les produits chimique, perturbateurs endocriniens, médicaments pris pendant la grossesse …

Voici donc une écriture conforme à l’esprit de nos sociétés actuelles, un regard scientifique, non pas sur la question de l’identité sexuée ou de la sexuation mais sur le sexe en tant que réalité du soit disant sujet, sur le réel du corps scientifique.

Pour articuler une telle approche de la sexualité, sous l’aspect du sexe en tant que «  Réel », avec une approche à partir de la sexuation, le féminin et le masculin, … voire le transsexualisme et apporter un peu de lumière dans cet univers l’appui sur nos textes et sur quelques écritures de nœuds constitue pour nous un élément majeur et précieux.

Une clinique « nouvelle », et des « symptômes nouveaux », en éternels renouvellement modifient perpétuellement la réalité (sexuée) des sujets de nos jours et leur rapport au social, leur rapport à la sexualité.

Pourtant, ces nouveautés ne constituent qu’une suite logique dans l’histoire de nos cultures.

Il y a maintenant plus qu’un siècle et demi, Freud proposait une autre lecture de la clinique psychiatrique, une lecture analytique qui porte l’accent sur le langage et la parole, sur l’existence d’un lieu particulier qu’il nomme l’inconscient et auquel il attribue une valeur fondamentale.

Cette clinique analytique éclaire facilement certaines manifestations somatiques du fait des processus psychiques au travail. La vie sexuelle est dès lors à la base de toute manifestation psychique.

Névrose, Psychose et Perversion … ainsi se voient nommées les trois structures, trois traits de personnalités …et trois abords différents du sujet dans son rapport à l’objet :

Le refoulement, la forclusion et le déni.

Aujourd’hui, des nouvelles appellations regroupant une certaine quantité de manifestations inquiétantes ont pris le relais, tels « psychoses blanches » et « perversions ordinaires » ou encore les « états limites ». Ce qui témoigne de notre grand embarras à l’égard de ces changements.

Lors de nos récentes journées sur les psychoses, en août cet été, nous avions soulevé plusieurs questions :

Pourquoi Freud apporte-t-il une telle importance à l’homosexualité de Schreber ?

Est-ce que l’homosexualité en tant que référence sexuelle est une réponse à la psychose ?

Que penser du « pousse à la femme » que Schreber incarne d’une manière majestueuse ?

Ce « pousse à la femme » est-il toujours un équivalent psychotique aujourd’hui, au sein de cette société qui induit une certaine jouissance au regard par exemple d’une publicité pour chaussures exposant une jambe masculine dans une merveilleuse chaussure à talon rouge ?

Comment ne pas rater ? La rater, cette rencontre avec l’objet ? C’est pourtant le fantasme, qui fait suppléance. Une suppléance au rapport sexuel.

Mais faut-il que nous acceptions toujours que : il n’y ait pas de rapport sexuel ? Autrement dit qu’il y aurait deux lieux plus ou moins séparés, un côté homme et un côté femme ? Alors que même dans la piscine les cabines sont unisexes aujourd’hui.

Si il n’y avait qu’un seul espace, l’espace côté homme, il n’y avait alors qu’un sexe.

C’est à partir du moment où nous comptons deux, que nous ouvrons le lieu du féminin, l’espace côté femme, que nous abordons un espace ouvert. Cet espace ouvert non borné est celui de l’infini. Il se situe dans son champ, côté femme.

C’est cela, le « pas-tout » d’une femme qui l’inscrit, elle en tant que différente, Autre, pas toute comme l’autre.

A chacune la variance dans la couleur qu’elle porte.

Et la rencontre ? Personne n’en veut plus de ce ratage qu’implique la rencontre d’un homme et d’une femme … trouvons donc à ce ratage une sorte d’amortisseur … un trans-ratage !

Des nouvelles unités spéciales au sein de nos CHU, hébergent des lieux où cette question est largement abordée et entendue, parfois même résolue à l’aide de moyens médico-biologiques voire chirurgicaux. Je parlerai maintenant des questions du trans-, du transsexualisme et du transgenre. Il s’agit là de créer une harmonie entre une sexuation et le sexe disons physique.

Une jeune patiente m’apprend beaucoup au sujet de la sexualité moderne, dite « trans », une sexualité de la transition et de la transformation du corps. Il/Elle me disait :

« Quand un homme devient une femme, on le nomme femme trans. Le transgenre est un adjectif » m’apprend-il/elle. « On est transe ou on ne l’est pas … ceci n’est pas un choix, c’est quelque chose de biologique, quelque chose qui siège dans le cerveau ! »

Elle me parle donc d’une sorte d’intersexuation telle que nous venons l’entendre. Cette fois-ci et parce que les critères mâles et/ou femelles sont respectés on le nomme trans. Une traversée.

En tout cas elle me parle de son identité sexuelle et de l’écart qu’elle ressent entre son sexe biologique de femme et la représentation qu’elle a de sa sexualité. Elle est ni homme ni femme ou bien femme dans son corps biologique, réel et homme de tête, imaginaire. Elle se coiffe et s’habille comme Harry Potter – un garçon magicien, roux aux grandes lunettes rondes.

« Je me considère comme bisexuelle homme et/ou femme, et dans la transition, c’est une question d’hormones. On change de corps ! Ceci afin que le corps y corresponde ».

Et elle insiste : « c’est une dysphorie de tête, dans la tête homme, dans le corps femme. La transition, l’aboutissement, c’est le coming-out qui se réalise. »

Je lui demande alors : « Que devient l’autre sexe dans l’être transe ? »

Elle ne comprend pas ma question. « Une femme peut être trans-homme et un homme, trans-femme … » et là, je comprends, c’est un mouvement qui compte à l’infini des stades de transition de passages de femme à tout homme, jamais toute homme, toujours confronté à un reste …

Peu après cet entretien elle a disparu. Elle se trouve entre les mains des experts du CHU avec un protocole d’accord pour une hormonothérapie.

Les entretiens avec elle restent très superficiels, elle rationalise beaucoup sans pourtant souffrir ni de symptômes qui lui donneraient un air obsessionnel et encore moins hystériques. Elle ne se plaint pas, raconte ses difficultés scolaires … que ses frères soient tous les deux diagnostiqués autistes, sa mère en arrêt de travail pour syndrome myalgique depuis longtemps maintenant, elle ne l’évoque que par le simple fait. Tout va bien.

Pour la mère d’ailleurs aussi. Je n’ai pas rencontré le père qui semblerait d’accord avec tout.

Une clinique « ordinaire » de nos jours mais qui pose de manière insistante la question de la place qu’occupe dans ce cas le symbolique et comment, si indifférencié qu’il paraît être, s’effectue le nouage avec ce Réel si généreusement alimenté par l’imaginaire ?

Freud en évoquant l’aspect dynamique de ses travaux dans ses nouvelles conférences…annonçait :

« Wo Es war soll Ich werden » une métaphore qui évoque l’assèchement des polders du Zuidersee et le gain d’espace au profit du Ich, le sujet. Très spontanément, c’est un lapsus qui est venu me parler de cette place : « Wo Ich war soll Es war soll Ich werden » Là où j’étais le Ca doit advenir.

Sommes-nous aujourd’hui en train d’ « assécher les polders du symbolique », du langage, et de cette manière celles d’un lieu précieux, du lieu Autre ? De gagner ainsi plus d’espace pour le Réel des sciences ? Un Réel articulé dans un discours universitaire dans lequel le savoir S2 prime et anime l’objet des sciences ? Des algorithmes et des mathèmes ouvrent les portes aux mondes luxueux et spectaculaires des fictions nouvelles, à un accès illimité au Moi idéal.

Au cours de nos rencontres en août, nombreux collègues ont évoqués de cas, parfois d’enfant, qui ne permettent aucune conclusion diagnostique -ni psychose ni névrose …

Est-ce que, ce que nous évoquons avec le « nom-du-père », cette instance qui ordonne et oriente le sujet dans sa vie sociale, – est-ce que cette instance aurait-elle subie un tel remaniement qu’elle ne puisse plus opérer correctement ?

L’évolution sociale des mœurs prime sur les lois de la famille.

« Personne ne veut, personne n’accepte la fonction de l’autorité aujourd’hui », la question entre être et avoir l’autorité reste en suspens … « personne ne veut s’opposer aux enfants », et pourtant ce seront eux qui formeront la « nouvelle » société de demain.

Faut-il que nous annocions une perversion ordinaire pour tous ? Une sorte de manipulation partagée de l’objet. Ou pire, devons-nous craindre une émergence psychotique nouvelle dans une ambiance suspicieuse, méfiante et orgueilleuse où chacun cherche un « nouvel » abri pour soi.

Notre nouveau rapport à la parole et au langage, le passage aux Short Messages, aux Big Datas, aux copiés-collés, les effets de notre modernité affectent notre rapport à ce domicile qui nous abrite, lieu psychique du sujet et de sa sexualité.

Quand nous travaillons avec ce précieux moyen que Lacan nous a laissé, c’est-à-dire les nœuds pour nous orienter dans notre clinique, nous constatons que entre le nœud boroméen à quatre dimensions différentes et le nœud de trèfle, constitué d’un seul fil, reflétant la position paranoïaque et la forclusion du nom-du-père il y a tant de différence …

Il n’est possible d’unir réel, symbolique et imaginaire, que par l’intermédiaire d’un quatrième rond qui est celui du « Nom du Père », c’est-à-dire celui du symptôme, celui qui fait qu’il n’y a pas de rapport sexuel.

Si Réel, Symbolique et Imaginaire tiennent sans l’intervention de ce nom du père, cela suppose une présentation radicalement différente. Ce qui pour Lacan fait symptôme dans la culture, c’est le défaut de rapport sexuel, avec toutes ces conséquences qui animent l’ensemble de nos relations humaines, comme aussi celles entre hommes et femmes.

Dans une conférence à Nantes en 2012 Charles Melman nous parlait d’un nœud à trois ronds. Trois ronds qui coincent un même objet que j’ai cru entendre comme étant celui de la « nouvelle économie psychique ». Un nœud à trois tel que Lacan nous l’a inscrit au tableau où chaque rond est équivalent à l’autre, où aucune différence ne se fait valoir et tous, homme et femmes courent le même objet. C’est l’égalité des valeurs qui prime. Pas de quatrième, pas d’altérité, pas de nomination, pas de différence. Cette proposition d’écriture n’a pas été travaillé beaucoup à la suite et pourtant, il me semble qu’elle puisse présenter de manière fidèle cette « nouvelle » clinique : une clinique qui interroge sur le plan des rapports du sujet au symbolique, au langage, à la dette, à ses responsabilités et ses choix, le rapport du sujet à la perte …et au social.

Aujourd’hui rien ne va et pourtant tout est possible … c’est pareil.

Est-ce que ceci rend le tableau de la sexuation tel que nous le connaissons depuis le séminaire « Encore » complètement obsolète ? Où, comment lire cette NEP avec le tableau de la sexuation ?

Côté homme : il y a Au-moins Un qui a accès à toutes les femmes, ce qu’on appelle la fonction du père, où la fonction, qui supplée au rapport sexuel par la castration. Ainsi, tout homme prend comme tout son inscription.

Du côté femme par contre il n’y a aucune universalité d’être (nous dit Lacan dans Encore). Elle peut s’inscrire aussi dans l’autre part.

Cela pose de manière toujours très pertinente non pas la femme et l’homme, l’un ou l’autre mais la question d’une sexuation, du rapport du sujet à ce qui va imprimer sa sexualité. Une sexualité marquée par la dualité : côté homme côté femme et au milieu : … un mûr. Ce mûr quand il ne constitue pas un impossible, le mûr de l’impossible rapport sexuel, en le franchissant, pourrait-il donner accès à une infinitude de possibilités de faire femme, de faire homme ?

Côté femme nous savons qu’elle n’a pas les deux pieds dans le même sabot. Elle est plus inventive, plus coloriée … plus fo-folle. Une femme est toujours un peu ailleurs, ce qui a permis a Lacan d’interroger le rapport d’une femme à l’inconscient, à l’Autre. Nous y reviendrons.

Mais reprenons le tableau de la sexuation : Au-dessous de la barre transversale du tableau de la sexuation nous trouvons du côté homme : S barré et Phi. Ce Phi, il est donc supposé l’avoir et l’incarner dans ce S1 d’être (disait Lacan). C’est de son rapport à l’Au-moins-Un qu’il soutient.

De l’autre côté, côté femme, se trouve l’objet a, objet cause du désir, qu’elle une femme, incarne. 

« Il ne lui est donné d’atteindre ce partenaire qui est Autre » disait Lacan…  « Autre que par l’intermédiaire, qu’il est cause de son désir ». Si donc la place d’une femme c’est l’Autre et si, au lieu de l’Autre, côté femme, nous y trouvons S de A barré et « La femme n’existe pas », alors quel est donc son rapport à l’inconscient ?

S de grand A barré, ce qui manque au lieu de l’Autre, ce qui n’y est pas … ce qui n’est pas tout, pas en lien avec ce rapport au Au-moins-Un, pas-tout…

Si côté homme : il y a pour tout homme, côté femme : il y a le «  Pas-toute »…qui ouvre un espace infiniment grand, Autre….

De cette différence, fondamentale, découle une loi, qui est ce que Lacan a nomme dans son séminaire sur la psychose, les lois de la parole et là, il nous rappelle que le mammifère humain « pour qui la bisexualité joue un rôle essentiel » est soumis à des voies d’accès, de régularisation et de normalisation fort complexes. Ceci parce que la loi y joue un rôle primordial, la loi du langage qui dit que il y a un impossible accord, l’impossible rapport sexuel tel qu’il est inscrit dans le tableau de la sexuation : un mur, celui du réel, qui sépare les deux côtés.

RSI .

Le trans-, serais-ce un Mr. Dutilleul, un passe-muraille qui un jour, en passant « … semblait se mouvoir dans une matière encore fluide, mais qui devenait pâteuse et prenait, à chacun de ses efforts, plus de consistance. Ayant réussi à se loger tout entier dans l’épaisseur du mur, il s’aperçut qu’il n’avançait plus et se souvint avec terreur des deux cachets qu’il avait pris dans la journée. Ces cachets, qu’il avait crus d’aspirine, contenaient en réalité de la poudre de pirette tétravalente prescrite par le docteur l’année précédente. L’effet de cette médication s’ajoutant à celui d’un surmenage intensif, se manifestait d’une façon soudaine.

Dutilleul était comme figé à l’intérieur de la muraille. Il y est encore à présent, incorporé à la pierre. … » ?

La traversée de l’impossible, du mur.

Supposons un homme passant côté femme. Les quelques trans- que j’ai pu rencontrer étaient en dehors de toute références au « Au moins-un », à la fonction paternelle :

La logique voudrait que nous trouvions dans cette constellation plus fréquemment des cas évoquant une structure psychotique que dans le cas inverse.

Le nom-du-père, cette instance quatrième, nomme la distinction des registres R S et I.

D’où ma proposition de penser au nœud à trois sans couleurs, sans distinction des registres pour certains cas et/ou avec le nœud de trèfle, c’est-à-dire la forclusion du nom du père pour d’autres.

Le « pousse à la femme », c’est ce que Schreber nous enseigne, déplace la question du désir.

Il place l’objet dans son propre champ, celui de l’être, être l’Autre, non barré, Un et Tout,

et avoir accès à une jouissance Autre – non barré ainsi qu’à toutes les jouissances au même degré. Schreber ne reste pas coincé dans le mur entre S1 et S2.

Les signifiants, enfin accolés, S1S2, hommefemme, niluinielle, subitement surgit dans le réel, ce qui naturellement tombe dans l’espace de séparation, un objet, qui prend la forme d’une voix, d’un regard et d’une interprétation délirante.

Dans le cas de l’homme trans, le cas de ma jeune patiente, de manière un peu surprenante, on peut dire qu’elle n’elle n’est pas-toute folle. Elle décrit des symptômes d’inhibition, de phobie sociale …rien de plus ordinaire pour une femme de nos jours que de renoncer à sa féminité et de s’identifier avec toute une panoplie de symptômes de la série obsessionnelle.

Pouvons-nous penser que le mouvement effectué du côté féminin vers l’homme trans- se contente d’un « pas-tout », pas toute homme mais quand même suffisamment. Elle accepte quelques limites dans son « coming out » côté homme !

Le tableau de la sexuation, tel que Lacan l’a écrit au tableau en 1973 est toujours une référence pour nos lectures d’une clinique « nouvelle ». Entre le tout et le pas-tout, il y a côté mur, des places innombrables pour des sexes indéfinissables. Et le désir ? Du désir, il n’y en a qu’un ! Ce désir, qui nous mène toujours un peu à côté et nous fait prendre des chemins tordus, les chemins de l’impossible, de l’interdit … que devient le désir dans cette ouverture-fermeture, disparition du mur de séparation des deux côtés dans notre société efficace et rentable ?

Pour le dire autrement : avec Freud : l’espace de l’inconscient où avec Lacan ce qui donne accès au lieu de l’Autre.

Cette société de l’accélération que nous habitons actuellement ne laisse plus beaucoup d’espace d’entre-deux. Le trou, le vide, la béance qui abrite ordinairement le sujet est de plus en plus réduit.

Ce sont justement ces variables sexes dans notre société qui traduisent le profond changement affectant ce lieu, Autre, l’inconscient. Là où hier le manque venait se manifester, aujourd’hui, dans l’infiniment petit, se loge une infinitude de sexes tous crées par les nouvelles technologies, le numérique, le virtuel et la nouvelle réalité psychique.

Cette création d’un réel « nouveau », est aussi celle d’« Un sans limites », d’une implosion qui unit le tout et le rien dans l’ « infinitude » des possibilités.

A quand le passage, d’une théorie de la catastrophe à la catastrophe, dans cette société qui inclut « le tout est possible » et le déni de l’impossible, voire la forclusion.

Dans l’entre un et deux il n’y a que le trois….le ratage…

réponse d’Edmonde Luttringer ici : http://www.ali-provence.com/2019/05/edmonde-luttringer-conference-de-montpellier-10-06-2018/